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Libre-échange UE/Mercosur Bruxelles tente de rassurer les agriculteurs européens

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La Commission européenne assure qu'elle tient compte des intérêts des agriculteurs de l'UE dans les négociations de libre-échange avec le Mercosur, mais souligne que les secteurs sensibles, la viande bovine en particulier, ne peuvent être exclus de ces pourparlers.

LA Commission de Bruxelles est « fermement résolue à préserver un secteur agricole européen durable et viable » dans les négociations avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) pour la conclusion d'un accord de libre-échange, assurent les commissaires au commerce et à l'agriculture en réponse aux inquiétudes exprimées à plusieurs reprises par les organisations professionnelles de l'UE (Copa-Cogeca) (1). Dans une lettre datée du 10 juin, Karel De Gucht et Dacian Ciolos soulignent toutefois que, « en dépit de la sensibilité de certains secteurs, en particulier celui de la viande bovine, ceux-ci ne peuvent pas être complètement exclus des négociations car ils représentent un intérêt majeur pour le Mercosur ».

Secteurs sensibles : vigilance sur les quotas d'importation

Les deux commissaires européens assurent également, dans leur lettre au Copa-Cogeca, que la Commission « ne conclura les négociations avec le Mercosur que si, sur le fond, l'accord est juste et équilibré, et respecte correctement nos intérêts offensifs comme défensifs ».

Bruxelles « réalise aussi pleinement que la capacité de l'UE à ouvrir ses marchés à des importations supplémentaires de viande est limitée, poursuivent Karel De Gucht et Dacian Ciolos. Toute ouverture du marché prend en compte l'interaction entre, d'une part, les différents accords de libre-échange conclus et en cours de négociation et, d'autre part, le processus multilatéral (de l'OMC) ».

Les concessions pour les produits sensibles devant prendre la forme de quotas d'importation tarifaires permanents, « vous pouvez être assurés que la négociation de contingents tarifaires sera conduite très soigneusement », précise la lettre.

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Des « résultats tangibles » pour l'accès au marché sud-américain

Pour le Copa-Cogeca, l'ouverture réelle du marché sud-américain aux produits laitiers de l'UE, alors que le Brésil leur a imposé un temps un droit antidumping de plus de 14 %, est une des « conditions préalables » à la poursuite des négociations avec le Mercosur. Cette question, affirment les deux commissaires européens, « a été systématiquement soulevée dans les discussions bilatérales ces dernières années ». « Plus d'implication de l'industrie de l'UE est aussi nécessaire pour traiter ces cas d'antidumping », ajoutent-ils toutefois.

Dans le domaine sanitaire et phytosanitaire, « le principal goulot d'étranglement pour les exportations de produits animaux (de l'UE) est créé par les retards importants enregistrés dans les inspections à l'importation » au Brésil, signalent aussi Karel De Gucht et Dacian Ciolos. De plus, le Copa-Cogeca faisant de la levée de l'embargo sur les importations de viande bovine européenne dans ce pays une autre « condition préalable », la lettre précise que le Brésil a, depuis l'année dernière, « partiellement aligné ses exigences au regard de l'ESB sur celles de l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale) », et que « le travail se poursuit pour un alignement total ».

« Des résultats tangibles sur l'accès au marché (du Mercosur) dans le domaine sanitaire et phytosanitaire (y compris la viande bovine) et un chapitre complet et équilibré dans ce domaine seront des objectifs importants pour les discussions à venir », concluent les deux commissaires européens.

(1) Voir n° 3447 du 12/05/14