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Biodiversité Bruxelles tire la sonnette d’alarme

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Après avoir procédé à une série de consultations ces derniers mois, la Commission européenne doit adopter le 19 janvier une communication présentant les orientations que l’UE devrait suivre pour la sauvegarde de la biodiversité après 2010. Au-delà de certaines limites, la perte de biodiversité est aussi catastrophique que le réchauffement climatique, avertit-elle, déplorant que la dégradation des sols et les espèces envahissantes ne soient toujours pas des problèmes pris en compte au niveau communautaire et soulignant le rôle que devrait jouer dans ce contexte la politique de développement rural.

Le document d’orientation de la Commission de Bruxelles recensera les actions envisageables au niveau de l’UE jusqu’en 2050 en faveur de la biodiversité ainsi que les « niveaux d’ambition » possibles à respecter pour 2020. A la fin de l’année, l’exécutif européen proposera une stratégie à mettre en œuvre dans ce domaine à l’échelle communautaire.
L’adoption d’une nouvelle approche et d’un nouvel objectif servira aussi à forger la position européenne en vue des négociations internationales prévues l’automne prochain pour l’élaboration d’un cadre d’actions post-2010 dans le contexte de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique.
En 2001, l’UE s’était fixé comme objectif d’enrayer la perte de biodiversité sur son territoire d’ici 2010. Un objectif qui ne sera pas atteint. En effet, si des progrès ont été réalisés dans certains domaines, la biodiversité et les services rendus par l’écosystème ont, dans l’ensemble, continué de se détériorer.

Un tableau très inquiétant
« La destruction, la fragmentation et la dégradation des habitats provoquées par le changements d’utilisation des terres, la sur-exploitation, les espèces envahissantes, la pollution et, de plus en plus, le changement climatique sont les pressions les plus fortes sur la biodiversité », rappelle la Commission. Or, « de la même façon qu’une augmentation de 2 degrés de la température globale par rapport aux niveaux préindustriels aboutirait à un changement climatique catastrophique, la perte de biodiversité au-delà de certaines limites serait lourde de conséquences pour le fonctionnement même de la planète ».
Dans l’UE, précise le document, « la première évaluation à grande échelle des habitats et des espèces les plus vulnérables protégés en vertu de la directive Habitats montre que 17 % d’entre eux seulement sont dans l’état de conservation favorable exigé par cette directive ». En fait, « les prairies, les zones humides et les habitats côtiers sont les plus menacés ».

« Etoffer la politique de développement rural »
La Commission souligne par ailleurs, que, dans l’UE, « la viabilité de plus en plus aléatoire des pratiques agricoles favorables à la biodiversité ont conduit à la disparition de certains services rendus par l’écosystème dans les zones rurales ainsi que de terres agricoles fertiles, l’abandon de terres provoquant des pertes économiques et sociales dans les communautés rurales en particulier ».
Face à cette situation, elle déplore que « les sols et les espèces envahissantes – deux aspects cruciaux s’agissant de la perte de biodiversité – restent des questions non traitées au niveau de l’UE, au-delà des critères de conditionnalité liés au sol qui sont fixés dans le cadre de la Pac ».
« Etoffer la politique de développement rural afin de développer les services rendus par l’écosystème en préservant les activités agricoles et forestières de haute valeur pour la nature dans le contexte de la Pac » est donc « essentiel », estime Bruxelles.

Financements et « équité »
Selon le document de Bruxelles, « les premières estimations montrent que seulement 20 % du total des besoins financiers pour gérer les zones protégées en Europe sont assurés ». Les Etats membres devraient par conséquent « tirer avantage plus systématiquement des possibilités offertes par les fonds pour le développement rural destinés aux mesures agri-environnementales ». De plus, fait valoir la Commission, « compte tenu du fait que la biodiversité n’est pas la même et que les tendances diffèrent d’une région à l’autre, le poids de la prise en charge du défi est aussi réparti de façon inégale » dans l’UE. Cette situation plaide pour « une boîte à outils diversifiée combinant réglementation et instruments de marché ».
« L’équité » voudrait, estime Bruxelles, que « ceux dont les terres rendent des services liés à l’écosystème soient rémunérés par ceux qui en bénéficient ».

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