La Commission européenne met à profit les résultats d’une étude indépendante sur les effets des accords commerciaux en vigueur entre l’UE et trois pays – Mexique, Corée du Sud, Suisse – pour souligner les avantages de tels accords pour le secteur agroalimentaire de l’Union quand ils sont « ambitieux et équilibrés ».
Le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan a présenté le 27 février les résultats d’une étude indépendante sur les effets des accords commerciaux déjà mis en œuvre entre l’UE d’une part, le Mexique, la Corée du Sud et la Suisse d’autre part, accords qui, a-t-il résumé, « ont permis à eux seuls d’accroître les exportations agroalimentaires de l’Union de plus de 1 milliard € et d’augmenter de 600 millions € la valeur ajoutée dans le secteur agroalimentaire », mais qui ont aussi « favorisé la création de milliers d’emplois au total dans l’ensemble de l’UE ». « Ces chiffres sont clairement la preuve que des accords commerciaux ambitieux et équilibrés fonctionnent bien pour le secteur européen de l’alimentation et de l’agriculture », a-t-il affirmé.
Selon l’étude, de tels accords, conclus récemment, comme celui avec la Corée qui est entré en vigueur en 2011, ont une incidence positive plus marquée que les accords plus anciens et moins complets tels celui de 2000 avec le Mexique qui est d’ailleurs en cours de « modernisation ».
Un supplément d’exportations de plus de 1 milliard €
L’étude, réalisée par la société de conseil Copenhagen Economics, indique que les trois accords concernés ont, bien entendu, contribué à l’augmentation des échanges dans les deux sens, mais que les importations supplémentaires dans l’UE qu’ils ont générées ont eu peu d’effets sur sa production, notamment parce qu’elles en ont remplacé d’autres originaires d’autres pays.
L’accord avec le Mexique a, selon l’étude, gonflé les exportations agroalimentaires de l’Union de 105 Mio € en 2013 (produits transformés et boissons) et ses importations de 316 Mio € (produits de base). Celui avec la Corée du Sud, qui n’est pas encore intégralement mis en œuvre, a entraîné en 2015 une augmentation de 439 Mio € des exportations européennes (produits de base et matières premières) de 116 Mio € des importations (produits transformés et boissons). Quant aux accords avec la Suisse sur le commerce des produits agricoles et agricoles transformés, ils se sont traduits en 2010, trois ans après leur application ingérable, par une hausse de 532 Mio € des exportations de l’UE (produits transformés et boissons) et de 1,17 Mio € de ses importations (produits de base).
De l’utilité des campagnes de promotion
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Par ailleurs, les auteurs de l’étude jugent important de suivre attentivement les négociations commerciales des principaux concurrents de l’UE afin de s’assurer que celle-ci n’accuse pas de retard en ce qui concerne les conditions d’accès à des marchés importants.
Ils soulignent également l’importance des campagnes de promotion et d’information. Phil Hogan se rendra en mai au Canada, pays qui vient de conclure un accord de libre-échange avec l’Union, et où la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, effectuera également une visite en mars, avant Singapour puis le Mexique à la fin du printemps.
(1) Voir n° 3570 du 21/11/16 et n° 3580 du 30/01/17
Des accords déjà mis en œuvre
La Commission européenne précise que l’étude de Copenhagen Economics porte sur les effets commerciaux et plus largement économiques de trois accords (Mexique, Corée du Sud, Suisse) qui ont déjà été mis en œuvre, tandis que celle qu’elle a publiée en septembre dernier était consacrée à l’impact potentiel cumulé de douze accords déjà bouclés (Canada, Vietnam), se trouvant à divers stades de la négociation (Mercosur, États-Unis…), restant à négocier (Australie, Nouvelle-Zélande) ou devant être modernisés (Mexique, Turquie). Cet impact serait positif sur les secteurs européens du lait (en particulier le fromage et le lait écrémé en poudre), du porc et des vins et boissons, mais négatif pour le bœuf, le riz ainsi que le mouton, la volaille et le sucre (1).