La Commission européenne doit présenter ce 22 juin une réforme « en profondeur » de l’organisation commune du marché du vin.
Si la distillation de crise apporte une assistance salutaire aux producteurs, elle ne doit pas devenir une habitude, a prévenu Mariann Fischer Boel en autorisant une énième transformation en alcool brut des excédents viticoles de la France et de l’Italie le 7 juin dernier.
Or celle-ci est en train de devenir « une des composantes régulières de notre organisation commune du marché du vin », selon la commissaire à l’agriculture et au développement rural, qui n’a pas manqué de rappeler le coût de l’opération pour le contribuable européen : 500 millions d’euros en moyenne par année si on y ajoute les aides au stockage.
La réforme que la commissaire s’apprête à proposer le 22 juin va au cœur d’un problème qu’elle définit en ces termes : « L’Europe produit de trop grandes quantités de vin, qui ne trouvent pas de débouchés ». À partir de ce constat, soit l’Union se donne les moyens de conquérir de nouveaux marchés, soit elle réduit sa production. La réforme Fischer Boel suggère un panaché de ces deux solutions en proposant par exemple de renouer avec la politique d’arrache des vignes, stoppée depuis 1996 mais dont les bénéfices ont été engloutis par des gains de productivité.
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Pour réduire encore les coûts et répondre à la concurrence des vins du Nouveau monde, elle proposera un assouplissement des pratiques œnologiques, en proposant notamment d’autoriser l’utilisation des copeaux ce bois. Les règles relatives aux indications géographiques et à l’étiquetage, trop complexes et trop rigides selon Fischer Boel devraient également être assouplies.
« Il nous faut […] améliorer la réputation des vins de qualité communautaires en tant que les meilleurs du monde, récupérer d’anciens marchés et en conquérir de nouveaux», avait déjà martelé la commissaire le 7 juin dernier en disant notamment vouloir « créer un système qui préserve les meilleures traditions de la production vinicole européenne ».