Abonné

Obésité, abus d’alcool Bruxelles vise un compromis avec l’industrie

- - 4 min

Markos Kyprianou a-t-il mis de l’eau dans son vin ? La question se pose suite à un entretien accordé à Agra alimentation par le commissaire en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs. La semaine dernière, le Chypriote lançait un véritable ultimatum à l’industrie agroalimentaire dans une interview au , l’appelant à revoir profondément ses pratiques. Répondant à nos questions, le commissaire européen s’est montré beaucoup plus ouvert, affichant sa préférence pour « l’autorégulation » et un dialogue « ouvert » avec l’industrie.

Au premier rang des préoccupations de Markos Kyprianou : la lutte contre l’obésité et l’abus d’alcool. C’est que qu’a confirmé le commissaire en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, lors d’un entretien accordé à Agra alimentation, le 25 janvier. Mais le ton a changé par rapport à ses dernières interventions. Il mettait sur le même plan la lutte contre l’industrie du tabac et le combat contre les pratiques de l’industrie agroalimentaire. Jusqu’à ces derniers jours, il menaçait, en lançant dans une interview au Financial Times un véritable ultimatum à l’agroalimentaire, et lui intimant l’ordre de cesser toutes ses publicités ciblant les enfants.

Publicité : « autorégulation » et « débat »

Aujourd’hui, le commissaire chypriote affiche clairement sa préférence pour « l’autorégulation ». Elle a l’avantage d’ouvrir la perspective de résultats concrets et rapides. Et, sur ce terrain, Markos Kyprianou est d’ores et déjà sûr d’obtenir un soutien, celui de la Confédération des industries agroalimentaires de l’Union européenne (CIAA) qui n’a de cesse de plaider pour la prise d’engagements de l’industrie plutôt que pour l’édification de nouvelles directives. Néanmoins, si l’industrie ne donne pas de signe fort, d’ici à la fin de l’année, Markos Kyprianou utilisera la voie législative.

Quoi qu’il advienne, le commissaire rappelle que la question de l’obésité est un « problème de quantités. Ce n’est pas comme le tabac : une seule cigarette nuit à la santé ». Pour combattre l’obésité, « il faut protéger les groupes sensibles et en particulier les enfants. Les consommateurs sont libres de choisir leur alimentation. Mais il faut accompagner leur décision. L’éducation est importante, le style de vie aussi », explique-t-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Industrie agroalimentaire
Suivi
Suivre

Il recherche donc en l’industrie un partenaire plus qu’un adversaire. Elle doit changer « ses publicités et ses méthodes » qui poussent à la consommation. « Je travaille avec l’industrie, y compris les publicitaires, pour renforcer l’autorégulation », insiste-t-il. C’est pourquoi, « à ce stade, je ne souhaite pas entrer dans les détails de mes projets. » Et de conclure : « Le débat est ouvert».

Compétitivité et harmonisation du marché

Plus généralement, Markos Kyprianou donne deux fils conducteurs à son action pour les cinq années à venir. Celle-ci s’inscrit d’abord dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, qui vise à faire de l’Europe l’économie la plus compétitive d’ici à 2010. À ce titre, il s’insurge contre les détracteurs des dépenses et des efforts en matière de santé : « Les enjeux de santé et de la protection des consommateurs ne sont pas qu’un coût. Ces dépenses sont un investissement pour l’avenir. Il est beaucoup moins coûteux de prévenir les problèmes de diabète ou de maladies cardiovasculaires », que de les guérir, argumente-t-il. Second fil conducteur : le commissaire Kyprianou estime que « les consommateurs ont besoin de confiance ». Pour cette raison, ils ont un « intérêt direct à l’approfondissement du marché intérieur ».