Première demande du syndicat majoritaire pour le budget 2026 de l’État : un élargissement de la dotation pour épargne de précaution (DEP) aux aléas économiques. Le 2 septembre, son président Arnaud Rousseau suggérait aussi de « regarder » le Casdar et ses fonds non « octroyés ».
Au 10 septembre, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu ne s’était pas encore exprimé sur le budget 2026 de l’État, mais les premières propositions de la FNSEA étaient déjà sur la table depuis une semaine. Le syndicat majoritaire les a présentées lors de sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre. Sa principale demande : un élargissement de la dotation pour épargne de précaution (DEP) aux aléas économiques, alors qu’elle ne concerne aujourd’hui que les aléas sanitaires et climatiques. Cet outil permet aux agriculteurs de provisionner une partie de leur résultat les bonnes années, puis de la réintégrer, sans fiscalité, les mauvaises années. Un élargissement de ce dispositif permettrait, selon le président de la FNSEA, « une meilleure gestion de chef d’entreprise » en « lissant » les résultats des exploitations : « Cela permettrait de réduire la fiscalité les bonnes années et d’éviter de demander des aides à l’État les mauvaises. »
Du côté des recettes de l’État, Arnaud Rousseau a rappelé son « attachement » aux niches fiscales dont bénéficie l’agriculture. La plus importante concerne le gazole non routier (GNR) agricole, pour plus de 1 Md€. Le projet de Bruno Le Maire de relever la fiscalité sur le GNR avait d’ailleurs été l’un des moteurs de la colère agricole de l’hiver 2023-2024. Concernant les maladies animales, le syndicat réclame la défiscalisation des indemnisations sanitaires que les éleveurs perçoivent après un abattage sur ordre de l’administration. Une demande déjà formulée en 2024, mais non satisfaite à l’époque.
La revalorisation des retraites, une ligne rouge
Côté dépenses, M. Rousseau a indiqué que son syndicat « ne bougera pas » sur l’application au 1er janvier 2026 de la revalorisation des retraites agricoles, « un sujet de justice sociale », selon lui. Le président de la FNSEA indiquait aussi avoir reçu l’engagement d’Annie Genevard de maintenir le Parsada (recherche d’alternatives aux pesticides en passe d’être interdits). Toutefois, alors que le débat budgétaire n’a pas commencé, « je ne vais pas dévoiler toutes mes cartes », assumait M. Rousseau. Tout en rappelant qu’« un tiers du budget du ministère de l’Agriculture finance l’enseignement agricole ». Pour rappel, l’ancien Premier ministre François Bayrou avait fixé en juillet un objectif de 44 Md€ d’économies pour le budget de l’État, dont 200 M€ pour la mission agriculture.
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Le 2 septembre, Arnaud Rousseau a aussi proposé de « regarder » le Casdar (compte d’affectation spéciale pour le développement agricole et rural), qui dispose selon lui de « moyens qui ne sont pas octroyés ». Le syndicat majoritaire avait commencé à passer en revue, avec le gouvernement de François Bayrou, les postes de dépenses concernant l’agriculture qui pourraient faire l’objet d’économies. Évoquant le Casdar, M. Rousseau a déclaré : « Il faut qu’on regarde ce qui est possible et ce qui n’est pas possible, sachant qu’il y a un certain nombre de moyens qui ne sont pas octroyés. »
Le Casdar finance des projets de recherche et développement mis en œuvre par divers organismes (chambres d’agriculture, instituts techniques, etc.). Il est alimenté par une taxe sur le chiffre d’affaires des exploitations agricoles. En 2023 et 2024, celle-ci a permis de lever environ 150 M€ par an. Or, selon un amendement de deux députés Horizons au PLF 2025, « les recettes dépassent systématiquement la prévision de collecte » indiquée dans les projets de loi de finances (de 24 M€ en 2023 et de 7,6 M€ en 2024). Autant de fonds versés par les agriculteurs que la FNSEA souhaiterait soit voir réduits, soit être affectés à des mesures pour le secteur.