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Budget de l’UE : Bruxelles tente de convaincre, Strasbourg persiste

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À une semaine de la présentation du prochain cadre budgétaire de l’UE, le Parlement européen maintient la pression contre le fonds unique et pour une Pac forte. De son côté, le commissaire Serafin tente de convaincre de la nécessité de ce fonds, notamment en matière de compétitivité.

Alors que la date de présentation du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2028-2034 approche à grands pas (16 juillet), les groupes politiques du Parlement européen se positionnent. À l’occasion d’un débat sur le sujet, le 9 juillet en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont rappelé leur opposition au modèle de plan national, comme il est envisagé par Bruxelles. À cela s’ajoute : le maintien d’une Pac et d’une politique de cohésion fortes. Pour le Parlement, cela implique un budget distinct pour la Pac, des bases juridiques distinctes pour la cohésion et l’agriculture, et un rôle clair pour les régions dans la politique de cohésion. « La priorité absolue du Parlement (européen, N.D.L.R.) est de préserver l’identité et la force des politiques communes en matière d’agriculture et de cohésion », a ainsi déclaré Siegfried Mureșan (PPE, droite), co-rapporteur du Parlement européen sur le prochain CFP. Et d’ajouter : « Il ne peut y avoir de sécurité sans sécurité alimentaire, ni d’économie compétitive sans politique d’investissement. C’est pourquoi nos politiques traditionnelles, la politique agricole commune et la politique de cohésion, sont aujourd’hui plus pertinentes que jamais. »

Horizon compétitivité

De son côté, le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, a souligné la nécessité de moderniser le budget de l’UE. Selon lui, il est important de disposer d’un CFP « plus intelligent » et « plus flexible ». En ce sens, il a plaidé pour le fonds national unique. « Je suis convaincu que nous pouvons trouver le juste équilibre – et les plans de partenariat nationaux et régionaux pourraient nous y aider. Ils pourraient garantir que les acteurs locaux aient leur mot à dire sur l’utilisation des fonds, tout en leur offrant la certitude nécessaire pour planifier leurs investissements », a-t-il déclaré. Il n’a pas non plus oublié d’évoquer la Pac. Pour lui, « elle doit offrir aux agriculteurs la prévisibilité et les moyens nécessaires : la sécurité alimentaire est une dimension importante de l’indépendance de l’Europe ». Cela passe par une réforme et une simplification.

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Lire aussi : Budget de la Pac : pressions de toute part contre le fonds unique

Par ailleurs, le Polonais estime que l’UE « doit se montrer à la hauteur de la course à la compétitivité dans laquelle elle se trouve ». À ce titre, une version provisoire du règlement établissant un Fonds pour la compétitivité, en circulation, indique que celui-ci devrait regrouper quatorze programmes existants (dont Life) au sein d’un fonds unique. Au niveau agricole, cela devrait se matérialiser par le développement de la bioéconomie. L’objectif est de « favoriser la compétitivité, la durabilité, la résilience et l’équité des secteurs de l’agriculture […] et contribuer à la sécurité alimentaire à long terme dans l’UE ».