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Budget et rôle accru pour les associations d’aide alimentaire

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Le cabinet du ministre de la Santé a annoncé une hausse de 48 % des fonds européens aux associations d’aide alimentaire pour 2021-2027. En revanche, les chèques alimentaires d’urgence ne seront pas rétablis.

Les financements européens destinés à la France pour l’aide alimentaire s’élèveront à 870 millions d’euros (M€) pour la période 2021-2027, soit une hausse de 48 % par rapport à la période précédente (2014-2020), a indiqué le cabinet du ministre de la Santé Olivier Véran le 2 novembre lors d’un briefing à la presse. Ce montant inclut une enveloppe de 647 M€ issue du budget pluriannuel européen (2021-2027), en augmentation de 11 % par rapport à l’exercice précédent. Il comporte aussi 90 M€ de reliquats de la période passée, et 132 M€ issus du plan de relance européen, a précisé le cabinet du secrétaire d’État chargé des Affaires européennes Clément Beaune, présent au point presse.

Ces financements seront versés dans le cadre du Fonds européen d’aide aux plus démunis (Fead) dont bénéficient quatre grands réseaux français d’aide alimentaire : les Restos du cœur, les Banques alimentaires, le Secours populaire et la Croix-Rouge française. Les associations sont donc vouées à jouer un rôle accru pour accompagner les foyers en détresse alimentaire, dont le nombre a pratiquement doublé durant l’épidémie de coronavirus. D’après le ministère de la Santé, environ 8 millions de personnes dépendent aujourd’hui des dispositifs d’aide alimentaire contre 5,5 millions avant la crise.

Pas de chèques fruits et légumes

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Contrairement au printemps dernier, le gouvernement n’a pas l’intention de créer des chèques alimentaires d’urgence durant le second confinement qui a débuté le 30 octobre. « L’objectif est de ne pas reproduire ce dispositif et de soutenir les associations […] pour qu’elles puissent apporter l’accompagnement social qu’elles prodiguent autour de la distribution de denrées », a expliqué le cabinet de M. Véran. Même s’il n’exclut pas de reconsidérer cette possibilité « si la situation sociale devenait trop pressante ».

Il n’y aura pas non plus de création de chèques fruits et légumes pour les plus démunis, une demande formulée par l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) depuis plusieurs mois. « Techniquement, nous ne trouvons pas le moyen de créer des chèques alimentaires qui puissent être fléchés sur les produits frais […] sauf à créer tout un système de distribution, et c’est un travail considérable », a expliqué le cabinet du ministre de la Santé. « C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec les associations pour qu’elles puissent disposer de livraisons de denrées de produits frais ou qu’elles puissent les acheter elles-mêmes : ça fait partie des financements directs qui leurs sont apportés, ça fait partie des discussions avec FranceAgriMer sur les denrées livrées aux associations ».

« Environ 8 millions de personnes dépendent des dispositifs d’aide alimentaire »