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Budget : le retour de la bataille des « frugaux » contre les « amis de la Pac »

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Les ministres de l’Agriculture restent inquiets des propositions de la Commission européenne sur le futur budget de la Pac. Et les récents ajustements soumis par Bruxelles ne les rassurent pas totalement. Alors que les négociations sur le cadre financier débutent, les pays « frugaux » (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande, Suède…), au contraire, s’en félicitent.

Au contraire des nombreux ministres de l’Agriculture qui s’en inquiètent, le groupe des États membres dits « frugaux » (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande, Suède…) semble assez satisfait des propositions de la Commission européenne sur le prochain budget de l’UE y compris les récents ajustements envisagés sur la Pac. Leur chef de file, l’Allemagne, a salué, le 17 novembre à Bruxelles à l’occasion de la réunion des ministres des Affaires européennes, la nouvelle approche qui prévoit de fusionner la Pac et la politique de cohésion au sein d’un fonds unique. « Il est primordial que les États membres aient la possibilité de définir leurs propres priorités », a justifié Gunther Krichbaum, ministre d’État allemand chargé des Affaires européennes. La France, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, la Hongrie ou encore la Belgique, au contraire, s’en inquiètent. Benjamin Haddad, ministre français des Affaires européennes, a plaidé pour le maintien des spécificités de la Pac, éviter les distorsions de concurrence et empêcher une forme de renationalisation de l’agriculture.

« Insuffisant »

Et les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le même jour au même endroit, n’ont pas paru non plus convaincus. Les modifications proposées par Bruxelles sont un « signe d’ouverture positif mais insuffisant », a résumé le ministre espagnol Luis Planas. L’Italie a présenté un document soutenu par une douzaine d’États membres, dans lequel elle plaide pour que la prochaine Pac s’inscrive dans la « continuité » de l’actuelle avec l’objectif de la « simplifier progressivement ». « Il faut revoir en profondeur cette proposition », prévient le ministre italien Francesco Lollobrigida. « Ce n’est pas le moment de désorganiser la Pac qui a fait ses preuves » en proposant « des ruptures trop brutales », a abondé la Française Annie Genevard. Comme d’autres, elle prévient qu’il sera « difficile d’avancer dans les discussions sur la proposition législative de la Pac sans garanties supplémentaires sur le cadre financier pluriannuel ».

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Lire aussi : Budget de la Pac : des ajustements pour sauver la proposition

Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, estime pourtant avoir répondu en partie aux inquiétudes des États membres. Il considère disposer désormais d’une « base solide pour avancer ». « Je n’ai pas d’autres cartes dans ma manche. Le dossier est désormais entre les mains des colégislateurs », a-t-il indiqué à l’issue de la réunion du Conseil Agriculture. Le cadre financier pluriannuel fera l’objet d’une première discussion entre les chefs d’État et de gouvernement de l’UE lors de leur sommet des 18 et 19 décembre à Bruxelles. La première d’une longue série.