L’enveloppe prévue pour le fonds de compétitivité dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034 fait l’objet de convoitise. L’agriculture espère en profiter, mais ces crédits ne sont, pour le moment, pas spécifiquement fléchés vers le secteur. Ce à quoi espère remédier la commission de l’Agriculture du Parlement européen.
Malgré la récente rallonge proposée pour le futur budget de la Pac par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) continuent de lorgner les crédits du prochain fonds de compétitivité. Mais ils déplorent le flou qui entoure ce nouveau dispositif. Ce fonds, qui répond aux recommandations du rapport Draghi, mettra à la disposition des États membres un montant « sans précédent » de 450 milliards d’euros, a indiqué la Commission européenne venue leur en présenter les détails le 12 janvier. Il réunira 14 programmes existants sous l’égide d’un seul dispositif et sera réparti comme suit : 234 Mds € pour le fonds de compétitivité à proprement parler (selon quatre priorités) auquel il faut ajouter des sommes horizontales de 175 Mds € pour horizon Europe (recherche) et 40 Mds € pour l’innovation. Et sur les 234 Mds €, quelque 20,4 Mds seront consacrés aux secteurs de la santé, des biotechnologies, de l’agriculture et de la bioéconomie. Les autres priorités sont la transition propre, le numérique et surtout la sécurité (défense, espace) qui sera dotée d’une enveloppe de 125 Mds €.
« Trop vague »
Mais pour le rapporteur du Parlement européen au nom de la commission de l’Industrie (qui a la main sur ce dossier), l’Allemand Christian Ehler (PPE, droite), ce dispositif est encore « trop vague » et doit être précisé pour que l’argent soit clairement fléché. Il se félicite toutefois que pour la « première fois, un fonds commun de ce type concerne l’agriculture (au-delà d’horizon Europe) ». Même discours du côté de l’Italien Carlo Fidanza (Conservateurs) en charge de l’avis que prépare la Comagri. Il prévient que « les PME, coopératives, petits producteurs agricoles devront pouvoir en profiter » et cite des investissements essentiels à la résilience de l’agriculture dans des domaines comme l’eau (irrigation), la numérisation (agriculture de précision, données…) ou le stockage. Son confrère socialiste portugais André Rodrigues aussi appelle la Commission européenne à préciser les secteurs dans lesquels elle envisage de déployer ces fonds : « Les protéines ? la bioéconomie ? les biotechnologies ? ».
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Le commissaire européen à l’Agriculture, lui, ne manque pas une occasion de faire la promotion de ce dispositif qui dans le contexte actuel de contraintes budgétaires peut profiter à l’agriculture. Devant la commission de l’Agriculture du Bundestag, le 15 janvier à Berlin, Christophe Hansen en a, une nouvelle fois, vanté les mérites estimant que « ces instruments peuvent contribuer à préparer l’agriculture des États membres aux enjeux de demain en favorisant la recherche et l’innovation ».