Deux ans après son retour savamment orchestré en France, Burger King se verrait bien avaler Quick, actuellement détenu par Qualium Investissement. Cette opération d'envergure surprend les observateurs.
Le groupe Bertrand, actionnaire majoritaire de Burger King en France (1), a annoncé, le 28 septembre, être entré en négociations exclusives avec Qualium Investissement en vue de l'acquisition de Quick. Cette opération, qui pourrait être finalisée avant la fin de l'année, viendrait donner un formidable coup d'accélérateur à l'expansion de Burger King, qui compte actuellement 25 restaurants dans l'Hexagone. Le groupe Bertrand y basculerait en effet les quelque 400 Quick sous son enseigne (les restaurants belges et luxembourgeois, au nombre d'une centaine, restant à marque Quick). Burger King prendrait ainsi le deuxième rang du marché de la restauration rapide, mais resterait loin derrière McDonald's et ses 1 340 restaurants.
UNE OPÉRATION DE TRÈS GRANDE ENVERGURE
« Nous sommes convaincus que la conjugaison de tous les talents des deux groupes Burger King et Quick permettra de dessiner un nouveau paysage de la restauration rapide en France dans les prochaines années », a déclaré Olivier Bertrand, président fondateur du groupe du même nom, cité dans un communiqué publié le 28 septembre. « Les discussions que nous avons engagées avec le groupe Bertrand devraient permettre d'aboutir à un projet d'entreprise solide avec de réelles perspectives de développement pour créer un nouvel acteur majeur de la restauration », a commenté Jean Eichenlaub, président de Qualium Investissement, également cité dans le communiqué.
Avec le rachat de Quick (plus de un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2014, 19 000 personnes), le groupe Bertrand (620 millions d'euros prévus pour 2015, 7 000 personnes) reprend beaucoup plus grand que lui, ce qui a créé la surprise des observateurs.
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DES COMMENTATEURS PRUDENTS
« Il va falloir investir plus d'un milliard d'euros pour racheter Quick et réaliser les travaux, or le groupe Bertrand n'a pas les reins assez solides pour cela », a expliqué Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil à l'AFP. De plus, « dans une période où le burger monte en gamme et où le marché du burger n'est pas extraordinaire pour le fast-food, je ne comprends pas un tel niveau d'investissements », a-t-il ajouté. Nicolas Nouchi, du cabinet CHD Expert, est tout aussi étonné. « C'est petit à petit la suppression d'un acteur en trop sur le marché du fast food français, mais je ne pensais pas que le groupe Bertrand avait l'envergure pour ce genre de choses », a-t-il déclaré à l'AFP. « Burger King a le vent en poupe aujourd'hui mais quand il aura plus de 400 restaurants sous enseigne en France, réussira-t-il à maintenir le même intérêt vis-à-vis du consommateur ? », a-t-il poursuivi. En 2006, Qualium, alors baptisée CDC Capital Investissement, avait racheté Quick au milliardaire belge Albert Frère, pour un prix compris entre 750 et 800 millions d'euros. Depuis, la revente du numéro deux de la restauration rapide en France avait fait régulièrement l'objet de rumeurs. Plusieurs fonds d'investissement européens et américains avaient confirmé à l'AFP en juin être intéressés par le rachat de Quick.
(1) via une joint-venture détenant la master franchise Burger King en France, précise le communiqué.