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C. Villani évoque «le danger que tout notre écosystème passe sous pavillon étranger»

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Invités à l’occasion des Agridata Days organisés par le Crédit Agricole jeudi 21 juin, les députés Cédric Villani, auteur d’un rapport sur l’intelligence artificielle (ci-dessous à droite), et Jean-Baptiste Moreau, rapporteur du projet de loi agriculture et alimentation (ci-dessous à gauche), ont tous les deux insisté sur la nécessité de faciliter les échanges et la mise en commun de données, un préalable au développement de solutions efficientes d’IA en agriculture.

« Dans l’IA, la première manche s’est jouée sur les données personnelles et a été remporté haut la main par les GAFA avec la constitution de bases de données phénoménales. La deuxième bataille se joue sur les données sectorielles, qui se trouvent partout où les métiers sont, que ce soit dans les administrations publiques ou les entreprises », a d’abord détaillé le député de l’Essonne.

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Face à cela, l’enjeu pour la puissance publique est de décider « qui va faire partie de cet écosystème, des acteurs français et européens ou étrangers » et de créer des conditions favorables à l’émergence de solutions françaises. « On voit bien la stratégie des acteurs américains qui est de passer des contrats avec des petites entreprises agricoles pour leur fournir un service contre leurs données. Cela pose le danger que tout notre écosystème agricole passe sous pavillon étranger», a-t-il rajouté.
 
« Ce qui limite le développement de l’IA en agriculture aujourd’hui, c’est la mise à disposition et le croisement des données », a ainsi ajouté Jean-Baptiste Moreau. « Les agriculteurs enregistrent un grand nombre de données mais chacun a ses logiciels, ses bases (de données), sans qu’il y ait de croisement », constate-t-il.

Même lorsqu’un producteur souhaite mettre ses données à disposition des consommateurs, il est « freiné par le fait que des niveaux de propriété différents empêchent la mutualisation », détaille-t-il. « La puissance publique a un rôle d’incitation à jouer », insiste Cédric Villani, notamment en mettant en place « des plateformes de données sectorielles » ou régionales à disposition des initiatives privées, permettant de rassembler des données par nature extrêmement fragmentées dans le domaine agricole.