Abonné

Syndicat du chocolat Cacao et poudre de lait font flamber les coûts des industriels

- - 3 min

Des hausses de 25 % sur le cacao en six mois, de 75 % de la poudre de lait en un an, tout concourt à déstabiliser les entreprises industrielles du secteur de la chocolaterie. Qui craignent que le phénomène soit si durable qu’il leur faudra bien réviser leurs tarifs.

La flambée des prix des matières premières n’en finit pas de faire l’objet d’inquiétudes dans certaines professions de l’industrie alimentaire. Après les utilisateurs de produits céréaliers Cf Agra alimentation n° 1952 du 30.11.06 page 1, et surtout les fabricants de biscuits et de pâtisseries au beurre Cf Agra alimentation n° 1976 du 31.05.07 page 12, qui doivent supporter à la fois les hausses du blé, des corps gras végétaux et des produits laitiers, c’est au tour des chocolatiers industriels de crier casse-cou. Le Syndicat national du chocolat met le doigt sur trois facteurs de hausse qui s’additionnent pour la première fois dans des proportions inquiétantes : le cacao, les produits laitiers et les noisettes.

Matière première essentielle en chocolaterie, le cacao a vu ses cours progresser très rapidement depuis le début de l’année. La hausse est de 25 % à cause de perspectives de récolte mondiale, tant principale qu’intermédiaire, en net recul en raison de mauvaises conditions climatiques. La campagne devrait donc s’achever sur un déficit important et maintenir durablement le marché à la hausse.

Le prix de la poudre de lait, dans le même temps, s’envole et a augmenté de 75 % sur une année glissante. Or, souligne le syndicat, le marché des produits laitiers est en crise au niveau mondial, et tout concourt à exacerber la flambée des cours : une collecte en fort recul, de bons courants d’exportation, une absence de stocks européens de régulation et une très forte progression de la demande mondiale de produits laitiers. Le marché est donc extrêmement tendu et les cours flambent sans aucun signe d’amélioration à venir. La tendance observée sur la poudre devrait s’accentuer au second semestre et sera équivalente sur 2008, prévoient les chocolatiers.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

En cumul, les hausses du cacao et des produits laitiers vont affecter fortement la rentabilité des industriels s’ils ne peuvent en répercuter l’impact à leurs clients, note Catherine Chapalain, secrétaire générale du syndicat. Ainsi dans le prix de revient d’une tablette de chocolat au lait, le cacao et les produits laitiers représentent une part de l’ordre de 25 %. Et dans une barre chocolatée, l’ensemble des matières premières pèse 66 % du coût de revient du produit fini.

Et même les noisettes

Mais ce n’est pas tout, sur le marché des noisettes, autre produit qui entre dans la composition de nombreux chocolats, le retour des difficultés s’annonce indiscutablement. La récolte est estimée en baisse tandis que le soutien des prix par la spéculation accentue la nervosité du marché à laquelle s’ajoute la fermeté de la demande. « Tout porte à croire que cette envolée des prix des matières premières va perdurer : production en retrait, augmentation de la demande et disponibilités réduites fragilisent les entreprises du secteur et impactent directement leurs coûts d’approvisionnement », déplore le Syndicat du chocolat.