Dure tâche que celle de ministre de l’Agriculture. On ne compte plus les anicroches qui l’opposent à son collègue de la Santé et sont officiellement réglées entre gens de bonne compagnie. L’un des derniers coups à fleuret moucheté en date a concerné un sujet ô combien sensible, l’obésité. Certes, aux Etats-Unis, près du tiers des enfants est en surpoids ou obèse. En France, ils sont 15 % et la progression de ces chiffres est alarmante. Mais est-ce une raison pour que tout soit affirmé et son contraire ? Où est le vrai aujourd’hui ? Du côté de la profession laitière qui crie son « ras-le-bol » de voir ses produits montrés du doigt, sans autre forme de procès ? Ou du côté de ceux qui les condamnent, oublieux qu’il n’y a pas lieu de distinguer entre bons et mauvais aliments, mais entre bonnes et mauvaises façons de s’alimenter. En l’occurrence, dans le cas présent, l’objet de l’anicroche a été le beurre, dont la consommation par les ménages a chuté de 160 000 tonnes en une vingtaine d’années. Lassée de le voir devenir « l’archétype du mauvais gras », l’interprofession a souhaité promouvoir ses qualités nutritionnelles à travers un film, à la programmation duquel le ministère de la Santé s’est opposé. Après aménagements et intervention du ministère de l’Agriculture, la diffusion a pu être poursuivie mais l’affaire n’en restera probablement pas là. D’affirmation en contre-affirmation, le quidam a de quoi perdre son latin. Quand donc des voix d’experts reconnues de tous s’élèveront-elles pour mettre fin à toute cette cacophonie ?
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