La Commission européenne a publié le 19 novembre son programme de travail pour la promotion des produits agroalimentaires en 2020 prévoyant un budget de 200,9 millions €. Pour soutenir les produits visés par les sanctions américaines en lien avec l’affaire Airbus, des montants supplémentaires seront alloués. Enfin, Bruxelles prévoit aussi de revoir sa réglementation pour permettre aux opérateurs de disposer d’une plus grande flexibilité pour la promotion de leurs produits. Le Parlement européen devra voter en plénière le 28 novembre une résolution dans ce sens.
La Commission européenne a présenté le 19 novembre son programme pour la promotion des produits agroalimentaires en 2020 qui prévoit un budget de 200,9 millions €. En raison de l’augmentation brutale des droits de douane par les États-Unis sur certains produits agricoles européens à hauteur de 4,3 Mrd € depuis le 18 octobre (1), la Commission européenne envisage par ailleurs d'opérer des changements dans la manière de gérer les campagnes de promotion des produits agricoles en cours, afin que les opérateurs touchés par ces sanctions gagnent en flexibilité. À cette fin, Bruxelles devrait soumettre des modifications de la législation secondaire (règlement délégué ou d’exécution), ce qui permettrait aux divers opérateurs de faire preuve d’une plus grande réactivité pour se recentrer, si nécessaire, sur des marchés alternatifs. Grâce à cette plus grande souplesse réglementaire, il sera possible de reprogrammer des actions déjà approuvées pour le marché américain, cela pourrait être le cas pour les vins français ou encore pour le fromage italien, frappés de plein fouet par la hausse de 25 % supplémentaires des droits de douane américains.
Les eurodéputés voteront en plénière à Strasbourg le 28 novembre une résolution destinée à remédier aux conséquences pour l’agriculture européenne de la décision de l’OMC concernant Airbus, demandant notamment plus de flexibilité pour mobiliser des campagnes de promotion horizontales dès 2020 et l’application de clause de circonstance exceptionnelle, proposeront.
Un soutien supplémentaire
Un montant additionnel de 9,5 millions € sera réservé aux initiatives de la Commission. Il s’agit notamment de la participation à des foires et à des campagnes de communication, ainsi qu’à des missions diplomatiques menées par le commissaire européen chargé de l’Agriculture et accompagnées d’une délégation commerciale. Ces initiatives seront encore renforcées par un montant supplémentaire de 17,2 millions € provenant des programmes multi-promotionnels de 2019. Cela représente un soutien supplémentaire, notamment pour les fromages italiens et hollandais, les vins français et espagnols ou encore les huiles d’olive et olives de table d’Espagne.
Sur le montant total alloué pour 2020, 100 millions € seront dédiés à des programmes simples, et 91,4 millions € iront à des programmes multiples (2). Plus de la moitié de ces fonds (118 millions €) sera consacrée à des campagnes visant des marchés extérieurs à l’UE à fort potentiel de croissance, comme le Canada, la Chine, le Japon, la Corée, le Mexique et les États-Unis. Les secteurs éligibles comprennent en particulier les produits laitiers et fromagers, les olives de table, l’huile d’olive et les vins. Des produits visés par les tarifs douaniers supplémentaires imposés par les États-Unis dans le cadre du conflit avec l’UE concernant Airbus.
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Ces campagnes de promotion de produits agroalimentaires de l’UE qui se dérouleront dans et hors de l’UE informeront les consommateurs des États membres et des pays tiers des différents systèmes et labels de qualité de l’UE, tels que les indications géographiques ou les produits biologiques. Elles mettront aussi l’accent sur les normes de sécurité et de qualité, ainsi que sur la diversité et les aspects traditionnels des produits agroalimentaires de l’UE. Les appels à propositions pour ces campagnes simples et multiples des États membres seront lancés au mois de janvier et les dossiers devront être déposés avant mi-avril pour une adoption en octobre 2020. Ou peut-être avant, si les mesures de flexibilité attendues sont adoptées rapidement.
(1) Voir n° 3713 du 21/10/2019
(2) Voir n° 3714 du 28/10/2019