Ce sont deux candidats éleveurs qui s’affronteront pour l’élection du prochain président de l’interprofession porcine. Naisseur-engraisseur, le Finistérien Philippe Bizien n’est pas avare de critiques envers son concurrent François Valy, post-sevreur engraisseur morbihanais. Et vice-versa.
Alors qu’un nouveau président doit être élu le 6 septembre à la tête de l’interprofession porcine (Inaporc), deux éleveurs ont déposé leur candidature pour succéder à Thierry Meyer, directeur de la branche porc du groupe Bigard, rapporte la directrice d’Inaporc Anne Richard, confirmant une information de nos confrères de Contexte. Il s’agit de François Valy, président de la Fédération nationale porcine (FNP), et de Philippe Bizien, président de la section porc de la Coopération agricole. Philippe Bizien est par ailleurs président du groupement Evel’up, en négociation avec Agrial en vue d’un rapprochement. Ces derniers mois, son exploitation s’est fait connaître en faisant l’objet d’une enquête du parquet de Brest visant l’extension de son élevage. Cela fait suite à une plainte déposée par un collectif d’opposants pour « mise en danger de la vie d’autrui » portant sur la gestion de la production de lisier.
Philippe Bizien est le premier à avoir déposé sa candidature à la présidence d’Inaporc, avant que François Valy ne l’imite à son tour. « J’ai été sollicité par plusieurs personnes, par rapport à mon expérience », explique le président de la FNP, qui est déjà vice-président de l’interprofession, et élu à des fonctions nationales depuis une dizaine d’années.
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Des mots tendres
« Ma candidature ne vise pas l’homme Philippe Bizien, mais nous n’avons pas la même vision, explique François Valy. J’ai davantage d’expérience que lui à des mandats nationaux ; jusqu’à peu, Philippe Bizien siégeait à l’interprofession en tant que représentant régional. De mon côté, j’ai travaillé sur plusieurs dossiers nationaux, comme le porc français, le bien-être animal pour l’interprofession ». Et d’ajouter : « Je suis rassembleur, et je pense avoir contribué à obtenir les aides porcines d’urgence début 2022, sans lesquelles la baisse de cheptel serait bien pire qu’actuellement. »
Philippe Bizien n’est pas plus tendre avec son adversaire : « Nous venons de deux familles différentes. Il est très marqué élevage et syndicalisme, avec des positions qui ne sont parfois pas très consensuelles. De mon côté, je suis plus proche des filières, ce qui correspond davantage à une interprofession. » De plus, ajoute-t-il, « je suis naisseur engraisseur, lui n’est qu’engraisseur (ce que confirme François Valy, ndlr). Il n’a pas forcément une vision ambitieuse pour la filière, moi oui ». Ambiance !