Difficile de ne pas faire le lien entre le nouveau plan de soutien à l’emploi annoncé par François Hollande et les difficultés de la filière porc. Celle-ci emploie au moins 100 000 personnes. Au train où va la crise, on peut facilement imaginer que ce chiffre sera réduit de moitié dans dix ans. Alors à quoi bon essayer de développer des emplois si on laisse filer aussi rapidement une filière pour laquelle la France avait des atouts indéniables ?

A-t-on bien pris la dimension du problème porcin en France ? Pas sûr. La question est-elle encore une question agricole ? Pas sûr. En Allemagne, Danemark, Pays Bas, Espagne la production porcine a bénéficié d’une approche proprement industrielle. Nos voisins ont vite compris qu’il fallait en passer par là pour assurer le développement de cette activité HORS-SOL, donc non limitée par le sol. Séparation des métiers (naisseurs-engraisseurs), coûts de main-d’œuvre minimes, économie d’échelle, concentration régionale et surtout consensus de filière sont les ingrédients de la réussite. Si les Français ne les adoptent pas, ils ne trouveront pas de solution durable. Ou alors, ils peuvent se satisfaire d’un élevage certifié, à forte qualité : porcs élevés en plein air ? Porcs sur paille ? Aliments garantis sans OGM ? Porcs AOC ? Tout cela pourrait constituer des solutions mais on ne semble pas en prendre le chemin, contrairement à la production de volailles pour laquelle certaines régions ont compris les atouts de la certification.

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Quelle solution choisir ? Le problème c’est qu’au fond personne ne prend vraiment position. Personne n’a de vrai projet pour la production porcine française. Pour savoir où aller, il faudrait lui définir un cap.