PME drômoise spécialisée dans les PAI de fruits transformés surgelés, Cap’fruit compte développer ses débouchés vers les restaurateurs, traiteurs ou pâtissiers (les deux tiers de ses 12 millions d’euros de chiffre d’affaires) en proposant des produits toujours plus simples à utiliser. Ce passage d’ingrédient à avant-produit ne concerne cependant que très peu la vente aux industriels, qui possèdent généralement leur propre savoir-faire. Société mise sur pied par Hero il y a cinq ans, Cap’fruit entend également se développer à l’export.
Pour atteindre son objectif de 10 % de croissance cette année, Cap’fruit complexifie son savoir-faire pour simplifier le travail de ses clients. « Il s’agit de passer progressivement de la notion d’ingrédient à celle d’avant-produit », explique le directeur de cette jeune PME drômoise, Rodolphe Casella. Cap’fruit réalise en effet les deux tiers de ses 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en proposant aux artisans restaurateurs, pâtissiers ou traiteurs ses PAI à base de fruits transformés surgelés. Et pour leur permettre « d’éliminer les tâches répétitives et d’investir leur temps dans la valeur ajoutée », Cap’fruit parie sur le multi-produit. Son « Fruit’mousse », purée de fruit mélangée à des pectines – mais sans gélatine – peut ainsi être transformée en coulis, ganache, glaçage ou encore décoration pour biscuit. Lancé il y a trois mois, cette innovation représente près de 10 % des 4 000 tonnes de production qui sortent de son site d’Anneyron.
Purées millésimées
Mais « il s’agit évidemment de rester dans le qualitatif», précise Rodolphe Casella. La société, qui commercialise auprès des professionnels 3 600 tonnes de fruits transformés et 400 tonnes de fruits entiers IQF (Individually quick frozen), revendique un effort de traçabilité. 30 % de ses matières premières proviennent ainsi de producteurs rhônalpins, organisés par type de fruits et soumis à un cahier des charges. Une politique qui permet à Cap’fruit de disposer dans son catalogue d’une gamme de purées de fruits millésimée « dont l’origine peut varier tout les ans ». Positionnée sur une niche très qualitative, cette offre limitée (6 à 7 références) reste dédiée aux artisans positionnés haut de gamme.
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Proposer du savoir-faire
En direction des industriels (un tiers de son activité), la donne est différente. « Nous leur fournissons des produits de base ou élaborés sur mesure en fonction d’un cahier des charges », indique Rodolphe Casella. C’est d’ailleurs le groupe Hero (un milliard d’euros de chiffre d’affaires, filiale du holding allemand Oetker) qui a investi 20 millions d’euros il y a près de cinq ans pour créer Cap’fruit, filiale à 100 %, et disposer d’une source d’approvisionnement en purée de fruit notamment pour son activité confiture. De 45 % au moment de son lancement, l’activité de Cap’fruit – qui emploie aujourd’hui 45 personnes – ne dépend désormais plus qu’à hauteur de 20% des commandes d’Hero. Son développement – même si les 4 300 mètres carrés de l’usine d’Anneyron possèdent une capacité de production de plus de 7 500 tonnes – va passer « par de lourds investissements afin d’améliorer la productivité et de s’adapter aux normes ISO 22 000 », confie Rodolphe Casella. Car même pour une clientèle d’industriels, il s’agit toujours de mettre en avant un savoir-faire. Ainsi du « mix à sorbet », qu’il suffit par exemple de turbiner pour transformer en sorbet.
Se tourner vers l’export
Situé sur un marché de la purée de fruit « d’environ 30 000 tonnes, composé d’une vingtaine d’autres sociétés », selon le dirigeant, Cap’fruit doit faire face à la concurrence de Boiron, « acteur historique produisant 6 000 tonnes, et de Ravifruit » (propriété du groupe irlandais Kerry), qui affiche 27 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 8 800 tonnes. Un marché stable « et très bataillé en terme de prix », affirme Rodolphe Casella. « Il y a une surcapacité de production dans l’Hexagone », poursuit-il. D’où la volonté de se développer sur les marchés étrangers, « plus rémunérateurs ». Cap’fruit, qui réalise déjà le tiers de son chiffre d’affaires à l’export aux Amériques et en Asie, compte ainsi « se consolider et se développer aux Etats-Unis. »