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Produits de la mer Capitaine Houat veut capter de nouveaux marches

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Capitaine Houat, le département « marée » du groupement des Mousquetaires (Intermarché), dispose désormais en France de trois sites modernes en ordre de marche. Ses capacités de « sourcing » et de transformation lui permettent désormais de développer ses ventes à l'extérieur de l'enseigne. Il doit ouvrir sa ligne « surgelés » dans quelques semaines à Lorient.

CAPITAINE Houat est désormais pleinement en ordre de marche. Le département « Marée » du Groupement des Mousquetaires (Intermarché) créé en 1988 à Lorient (230 à 240 millions d'euros de CA en 2013) peut désormais s'appuyer sur son nouveau site de Boulogne sur Mer, entré en activité en juillet 2010 et sur lequel il a regroupé toutes ses activités boulonnaises, puis sur celui de Lorient, détruit totalement par un incendie un an plus tard, rebâtit dans la foulée et inauguré en mai 2013. Enfin, il peut aussi compter sur son site de Plougasnou (Finistère) spécialisé dans les crustacés (Les viviers de la Méloine) qui a été totalement fusionné au groupement en mai 2012. « Nos capacités de sourcing et de transformation nous permettent désormais de développer nos ventes à l'extérieur de l'enseigne », a précisé Jérôme Nicol, le responsable achats/vente chez Capitaine Houat à l'occasion du dernier Seafood.

UN NOUVEL ATELIER SURGELÉ

Depuis 4 ans, la filiale transformation de poissons a en effet investi 10 M€ dans son outil boulonnais, 35 M€ dans son usine de Lanester située près de Lorient et quelque 4 millions d'euros dans une ligne de cuisson de crustacés à Plougasnou. Intermarché veut en effet devenir à tout prix le premier poissonnier de France et dépasser son concurrent historique Leclerc. Dans son usine boulonnaise (8 000 m2 et 180 salariés), Capitaine Houat transforme 6 000 t de produits finis dont 3 650 t de saumon et 1 800 t de poissons blancs ainsi que 550 t en libre service. Outre la gamme de poissons filetés et conditionnés, Capitaine Houat y a également une activité négoce (5 600 t). À Lanester, dans son nouvel outil de 17 000 m2 , l'enseigne commercialise 10 000 t de produits finis dont 6 500 à 7 000t de produits cuits, 3 000 t de produits frais et 500t en libre service. « Dans quelques semaines, nous allons mettre en service notre nouvel atelier surgelés », précise Jérôme Nicol.

En reconstruisant sa nouvelle usine, Capitaine Houat avait en effet intégré de nouvelles activités (un atelier de congélation, le stockage de produits congelés (4 250 palettes) dans une chambre froide de 1 500 m2 et un atelier de produits élaborés. Capitaine Houat est cependant toujours en retard sur ses concurrents dans le domaine du libre service et de la production de barquettes. « À Boulogne/Mer nous avons changé l'ensemble de nos gammes, pour nous positionner sur des produits plus en phase avec le marché », confie Jérôme Nicol, qui espère bien voir se développer cette activité dans les mois qui viennent.

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SCAPECHE POURRAIT REPRENDRE L'ARMEMENT DHELLEMMES

Le groupe néerlandais Cornelis Vrolijk a décidé de se séparer de sa filiale française Dhellemmes. Cet armement basé à Concarneau débarque chaque année quelque 3 000 tonnes de poissons, environ le tiers de la criée (9 600t en 2012) et disposent de 7 navires réalisant un chiffre d'affaires annuel de 14 millions d'euros. Plusieurs armateurs sont candidats à la reprise. Outre des armements espagnols et un groupement de 6 patrons-pêcheurs bretons (qui ont abandonné depuis leur projet de reprise), la Scapêche a montré son intérêt pour le dossier depuis le départ. La Scapêche, premier armement français basé à Lorient, appartient au groupement des Mousquetaires (17 navires et 220 marins, 13 800 tonnes débarqués et 42 millions d'euros de chiffre d'affaires).

À Concarneau, l'annonce d'une reprise par la Scapêche soulève des craintes locales. Le groupe renforcerait ainsi son implantation de Lorient au détriment de Concarneau ce qui signifierait l'arrêt pur et simple de toute activité de mareyage et « la mort lente » du port breton. « Ce serait une catastrophe économique pour Concarneau », expliquait Yves L'Helgoualc'h, secrétaire général des marins CGT en février dernier dans la presse bretonne.

Interrogé sur le sujet, Jérôme Nicol, confirmant les pourparlers en cours entre les deux parties, fait valoir l'intérêt d'un tel rachat pour la Scapêche. « Nous pourrions récupérer des quotas, bien sûr, mais aussi des kilowatts et surtout un renforcement de notre armement », expliquait-il sur son stand du Seafood.

A Bruxelles en tout cas, il se disait que l'opération devrait se finaliser avant la fin de ce mois et que « le propriétaire hollandais serait plus que jamais vigilant sur les aspects sociaux ». Et si un tel projet de cession prenait le chemin de l'Espagne, les conséquences pour le port de Concarneau seraient très lourdes, faisaient savoir ses élus locaux.