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CarbonWorks passe à l’étape semi-industrielle de son photobioréacteur

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Le photobioreacteur de CarbonWorks en situation Crédits : © carbonworks

La deeptech, spécialiste de la capture et de la valorisation du CO2 grâce aux micro-algues, teste depuis fin 2021 un prototype de photobioréacteur chez Pot-au-Pin Energie en Gironde, dont la capacité actuelle de 10 m3 passera à 25 m3 fin 2023, avant d’être doublée d’ici 2025. Sa technologie innovante concerne autant les secteurs de l’agriculture que de l’alimentation humaine et animale.

Créée à Libourne (Gironde) en 2021 conjointement par Fermentalg et Suez, CarbonWorks a mis au point une nouvelle technologie permettant de récupérer les émissions industrielles de CO2 pour les valoriser ensuite en matières biosourcées, grâce à la culture de micro-algues par photosynthèse (une technologie de CCU (capture du carbone et son utilisation).

« L’innovation majeure réside, d’une part, dans la CCU intensive affichant de très hautes performances avec des photobioréacteurs utilisant la lumière artificielle et une volumétrie très verticalisée, ce qui permet de réduire leur emprise foncière. Leur potentiel vise la capture de 10 000 tonnes de CO2 par hectare et par an pour une production en bout de chaîne de 5 000 tonnes de biomasse. D’autre part, notre ambition est de développer de nouvelles filières biosourcées et de nouvelles sources de biomasse et, dans ce domaine, le potentiel est considérable », assure Guillaume Charpy, président de CarbonWorks.  

Nombreux domaines d'application

CarbonWorks teste, depuis fin 2021, un nouveau prototype de photobioréacteur implanté sur le site de méthanisation de la société Pot-au-Pin Energie à Cestas (Gironde) et dont la production de micro-algues est ensuite valorisée en bio-fongicide contre le mildiou et le botrytis dans la viticulture par la société Immunrise Biocontrol, basée à Pessac (Gironde). « Ce démonstrateur a une capacité utile actuelle de 10 m3, qui passera à 25 m3 l’an prochain et nous visons les 50 m3 d’ici à 2025. Nous avons beaucoup appris ces derniers mois grâce à ce prototype, dont la productivité en micro-algues a été décuplée dans un même volume », souligne Guillaume Charpy.

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Pour accélérer son développement et passer du prototype à l’étape semi-industrielle fin 2023, puis industrielle en 2025, la deeptech a concrétisé, en mars 2022, une levée de fonds de 11 M€ auprès de BNP Paribas Principal Investments, Bpifrance, Demeter Investment Managers (via Agrinnovation), Aqui Gestion (via Naco) et la région Nouvelle-Aquitaine. Après ce nouveau tour de table, Fermentalg et Suez, les deux entreprises fondatrices de CarbonWorks, restent majoritaires, avec les deux tiers de son capital.

Les domaines d’application de CarbonWorks sont nombreux. La start-up (9 salariés et 5 recrutements prévus l’an prochain) travaille également pour d’autres entreprises agricoles, qu’elle ne souhaite pas nommer pour l’instant, et vise les secteurs de l’alimentation animale (bovin, volaille, aquaculture) et humaine (compléments alimentaires et ingrédients : pigments, colorants, liants, conservateurs). CarbonWorks exploite pour l’instant une quinzaine de souches de micro-algues mais dispose d’un potentiel très important grâce aux compétences de Fermentalg et à sa biothèque qui totalise 2 300 souches.