À Saint-Nazaire, Cargill investit 11 M€ pour améliorer la productivité et l’empreinte carbone de son site de trituration de tournesol. Les projets de production de lécithine et de biomasse sont à l’étude.
Cargill a les coudées franches à Saint-Nazaire et poursuit ses investissements avec 11 M€ consacrés à la modernisation de ses infrastructures de trituration de graines de tournesol et à l’amélioration de son empreinte carbone. Si le groupe est présent sur les bassins portuaires depuis 1964, il a subi les foudres de Joël Batteux, maire de 1983 à 2014, qui souhaitait le voir déménager à l’instar d’autres entreprises pour étendre l’emprise urbaine de la ville. En 2012, la concession accordée à Cargill jusqu’en 2035 par le Grand Port Maritime de Nantes - Saint-Nazaire a rassuré le groupe américain (109,7 Mrd$ – 89,2 Mrd€ – de CA en 2017) sur l’avenir de ce site de 4 ha qui emploie 60 personnes. D’autant que Joël Batteux ne s’est pas représenté aux dernières municipales et que son successeur, David Samzun, ne s’y oppose plus.
Cargill a dès lors confirmé des investissements compris entre 20 et 40 M€ d’ici à 2022. Ces cinq dernières années, il a déjà consacré 22 M€ pour construire six nouveaux bacs de stockage (capacité de 18 millions de litres d’huile) et créer une unité de production de vitamine E, co-produit destiné à l’industrie pharmaceutique (20 000 kilos de concentrat par mois). "Nous poursuivons aujourd’hui avec 11 M€ de travaux ayant nécessité l’arrêt du site pendant 10 semaines l’automne dernier alors qu’il fonctionne habituellement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7", précise Fernando Yanguas, directeur du site. Ils permettent au site d’augmenter sa production d’huile de tournesol de 7 millions de litres par an (+ 5 %) et de réduire de 5 à 10 % sa consommation de vapeur.
Des fournisseurs majoritairement français
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À Saint-Nazaire, la production de Cargill s’élève à 250 000 tonnes d’huile de tournesol (72 % raffinés sur place, le reste traité par des raffineries de Cargill en Grande-Bretagne et Belgique) et 350 000 tonnes de tourteaux destinés à 95 % aux élevages bretons. Cargill se fournit majoritairement auprès des producteurs des régions Pays-de-la-Loire, Centre-Val-de-Loire et Nouvelle Aquitaine (250 000 hectares). "L’origine France de nos graines de tournesol est importante, la France étant le premier producteur mondial de tournesol oléique. Or, après avoir baissé en 2015-2016, les récoltes ont à nouveau progressé de 30 % l’an dernier, retrouvant les volumes des années 2000", poursuit Fernando Yanguas.
Cargill assure environ 40 % de la production d’huile de tournesol en France, dans un secteur ultra-concentré sur lequel intervient Avril, et où la concurrence internationale est forte notamment en provenance d’Ukraine, de Russie, de Roumanie, de Bulgarie, de Hongrie et d’Argentine sur un marché mondial estimé à 20 millions de tonnes d’huile par an. À Saint-Nazaire, Cargill a encore des investissements à l’étude, notamment pour la production de lécithine pour les industries agroalimentaires et la biomasse afin de récupérer les coques de graines de tournesol pour produire de la vapeur.