Après la télé réalité, le cinéma réalité ? Marchant sur les traces du maître Michael Moore, ovationné ces jours-ci sur la Croisette pour sa charge contre la présidence américaine, l’élève Morgan Spurlock s’est taillé un petit succès outre-Atlantique, au festival de Sundance, pour son attaque en règle contre la restauration rapide. Heurté, raconte-t-il, par une émission télévisée sur l’obésité dans laquelle un représentant de l’industrie alimentaire avait affirmé que la nourriture servie dans les fast-foods est saine, il a eu l’idée de payer de sa personne pour apporter la preuve vivante du contraire. Le voilà donc, lui, dont la petite amie est végétarienne, devenu consommateur acharné de menus McDo : non content d’en faire ses repas trois fois par jour, il accepte la formule géante quand on la lui propose et limite ses exercices physiques aux 2 500 pas quotidiens consentis par l’Américain moyen. Inutile d’être grand clerc pour deviner la suite : douze kilos pris en un mois, un taux de graisse corporelle augmenté d’un tiers…Sans vouloir défendre les enseignes mises en cause ou banaliser un réel problème de santé publique, cette expérience « extrême », comme l’a du reste reconnu son auteur, tient de la caricature. Alors que l’Organisation mondiale de la santé semble, à juste titre, décidée à prendre le problème à bras le corps, il devient urgent de résoudre les nombreuses inconnues de l’équation nutritionnelle. Un travail à long terme pour les chercheurs, médecins, biologistes, mais aussi sociologues, tant le milieu dans lequel on vit, influe aussi sur le comportement alimentaire.
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