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Innovation Carrefour et Gélagri innovent dans l’appertisé par l’emballage

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Un nouveau conditionnement de légumes appertisés a été présenté le 19 octobre au Sial par le distributeur Carrefour et son partenaire industriel, Gélagri, filiale du groupe Coopagri Bretagne. Il s’agit là de la deuxième innovation dans le domaine de l’appertisé après le lancement par Bonduelle de légumes cuisinés en briques.

Carrefour et la société Gélagri Bretagne, jusque là spécialisée dans les légumes surgelés, lancent de concert des barquettes thermoformées en plastique alimentaire, sécables en deux ou quatre parties et fermées par un opercule pelable, au poids équivalent aux 400 et 800 grammes de poids net total des boîtes de conserves classiques. A l’intérieur, aucune recette franchement nouvelle n’est proposée : seuls les produits leaders parmi les légumes appertisés – petits pois, flageolets, haricots extra-fins... – bénéficient du nouveau conditionnement. Une douzaine de références entreront progressivement dans la gamme d’ici la fin 2005. Celle-ci sera commercialisée dans l’ensemble du réseau français du groupe Carrefour, dès début novembre, sous la marque Carrefour dans les 216 hypermarchés de l’enseigne, entre janvier et avril dans les 1 000 supermarchés Champion, sous la marque éponyme, et dans les 1 500 points de vente de proximité (Shopi, 8 à 8) sous la marque « Grand Jury ».

Carrefour joue uniquement, en fait, sur le concept de « conserve pratique ». C’est un produit facile à ranger lorsque la ménagère n’a que ces barquettes au placard, prétend le distributeur. Il est vite cuit dans le four à micro-ondes, se conserve longtemps (24 mois) et laisse voir son contenu. Selon son promoteur, la « conserve pratique » peut faire revenir à l’appertisé les consommateurs qui fuient les bords coupants de la boîte métallique et ceux qui craignent les éclats de verre dans les bocaux. Un emballage consensuel, en quelque sorte, « capable de bouleverser une habitude de consommation ».

7,5 millions d’euros investis par Gélagri

Le distributeur a eu l’idée de ce nouveau conditionnement il y a deux ans. Un opérateur anglais, RPC Bebo, a pensé l’emballage avec lui, puis le contact a été noué avec Gélagri en juin 2003. Un intervenant du légume surgelé ! Une erreur de casting ? « Pas du tout, répond Luc Février. Gélagri Bretagne travaille depuis de nombreuses années avec nous et nous souhaitions diversifier nos approvisionnements ».

L’industriel breton a surgelé en 2003 90 000 tonnes de légumes dans trois sites pour un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros dont 82 % sous marques de distributeurs. Après avoir étudié le projet de Carrefour, il a décidé de se lancer en novembre 2003. Il s’agit là pour lui d’un pari sur l’avenir puisque l’acquisition de ce nouveau métier lui coûte toute de même 7,5 millions d’euros. Il a créé de toutes pièces un atelier dédié dans son usine de Saint-Caradec dans les Côtes d’Armor. Réception, agréage, contrôles qualité sont communs pour l’ensemble de l’activité du site, mais les circuits se séparent ensuite.

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Selon Carrefour, la ligne de production du nouvel outil de Gélagri devrait fabriquer

12 millions de barquettes à la fin 2005, soit l’équivalent de 6 000 tonnes de légumes appertisés, avant de progresser à 15 millions de barquettes à la fin 2006. Du moins si l’écho nettement favorable au produit pendant les tests se vérifie.

Deux ans d’exclusivité

Au vu du risque pris par l’industriel, le contrat de partenariat prévoit une durée de trois ans, mais avec une exclusivité pour deux années, soit jusqu’à la fin 2006. Dès le 1er janvier 2007, rien n’empêchera Gélagri de proposer les mêmes barquettes à d’autres opérateurs. « Ils devront avoir notre feu vert, comme celui de RPC Bebo », précise M. Février.

Gélagri pourrait très bien envisager de conditionner ses préparations cuisinées à base de légumes dans ces barquettes. Que celles-ci soient justement fabriquées sur le site de Saint-Caradec n’est pas vraiment un hasard.