Le groupe Carrefour affiche des résultats semestriels satisfaisants. L’enseigne met l’accent sur la baisse des prix, afin de récupérer des parts de marché en France. Son rythme d’ouvertures en France et à l’international se poursuit, avec 1 million de mètres carrés prévus en 2005. Sur le plan financier, sa priorité est de réduire sa dette afin de poursuivre l’amélioration de sa rentabilité.
Présentant ses résultats semestriels le 1er septembre, date d’entrée en vigueur de l’accord Sarkozy, Carrefour a tout naturellement mis l’accent sur la baisse des prix. De fait, parmi les actions concrètes que le groupe va entreprendre dans les douze prochains mois pour reconquérir des parts de marché, la baisse des prix figure en première position. A ce jour, annonce le p.-d.g. du groupe, Daniel Bernard, 3 000 produits ont déjà vu leur prix baisser. Des produits choisis parmi ceux de la marque Carrefour et des grandes marques, « en concertation avec les industriels, selon les produits qu’il est intéressant pour eux de vendre moins cher ».
8 millions remboursés par mois
Les ajustements de prix ne sont pas nationaux. Ils se règlent magasin par magasin, selon la concurrence alentour. La carte de fidélité, lancée dernièrement, contribue également à la baisse générale. Elle compte désormais 3,8 millions de foyers utilisateurs et les remboursements auxquels elle donne droit représentent pour l’enseigne 8 millions d’euros reversés chaque mois… Dans les magasins, la surabondance de communication autour de l’évolution des prix contribue à rendre les rayons parfois illisibles, ce qui peut gêner le consommateur lambda, certes désireux de dépenser moins mais également de comprendre le prix de ce qu’il achète.
Premier ou deuxième sur ses zones de chalandise
Pour financer ces baisses, le groupe va investir dans les hypermarchés français 335 millions d’euros au total cette année. 135 millions l’ont déjà été au 1er semestre et 200 millions sont planifiés au 2e semestre. Carrefour prévoit également de « céder des actifs non stratégiques ou insuffisamment rentables pour environ 1 milliard d’euros ». Le but premier de cette guerre des prix est de gagner des parts de marché en France, afin d’être « numéro un ou premier ex-aequo sur sa zone de chalandise en 2005 ». Un pari ambitieux, mais pour lequel de grands pas ont été réalisés. A ce jour, 80 % des hypermarchés Carrefour sont premiers ou deuxièmes dans leur zone de chalandise, alors que ce chiffre n’était que « de 65 % à fin juin et 30 % en début d’année », affirme le groupe. Pour la première fois depuis 2001, les hypermarchés français ont regagné des parts de marché, s’est félicité Daniel Bernard. En France, ce format reste malgré tout le maillon faible de son activité.
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Un million de mètres carrés supplémentaires
Malgré sa prépondérance dans le discours du dirigeant, le prix dans les magasins français n’est qu’un des nerfs de la guerre que livre l’enseigne. Le groupe affirme également de grandes ambitions en termes d’ouvertures de magasins. Daniel Bernard a annoncé pour les douze prochains mois la création d’un million de mètres carrés supplémentaires, dont 20 % en France et autant en Chine. Son intention est de « saisir les opportunités d’acquisitions dans les pays où il est déjà implanté ».
Baisse de 20 % de la dette
Sur le plan financier, les objectifs du groupe sont atteints. Il a enregistré au 1er semestre un résultat net en hausse de 5,3 %, à 537 millions d’euros, et un résultat net courant après survaleurs en hausse de 12,6 %, à 531 millions d’euros (+9,6 % avant survaleurs). Carrefour a reconfirmé ses objectifs annuels pour 2004, dont une hausse d’environ 5 % du chiffre d’affaires à changes constants. Lors des six premiers mois de l’année, elle a été de 2,9 % à taux de changes courants et de 4,0% à taux de changes constants, à 34,549 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’enseigne vise une réduction de sa dette financière de 20 % entre 2003 et 2006, baisse déjà entamée à hauteur de 500 millions d’euros lors de ce premier semestre.