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Casino : entre refinancement et absence de prévisions pour 2020

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Le distributeur Casino a publié ses comptes annuels, globalement en ligne avec les attentes. Compte tenu de la crise du Covid-19, le groupe a préféré suspendre ses prévisions financières pour 2020. Rallye, la maison mère de Casino a également dévoilé la conclusion d’un accord de refinancement avec l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, via sa société Fimalac.

À l’occasion de la publication de ses comptes annuels le 26 mars, Casino a annoncé suspendre ses objectifs financiers pour 2020 et au-delà, en raison des incertitudes sur l’ampleur de l’impact économique de l’épidémie de coronavirus. « Dans un environnement macroéconomique aussi incertain qu’aujourd’hui, on ne formule plus de perspectives financières » même si les objectifs de réduction des coûts et de cessions d’actifs non-stratégiques sont maintenus, a affirmé le directeur financier, David Lubek, lors d’une conférence téléphonique. Dans le contexte de la crise du Covid-19, Casino confirme être « concentré sur sa mission essentielle consistant à sécuriser l’approvisionnement alimentaire des populations ». Comme l’ensemble de ses concurrents, le distributeur fait face depuis le début du confinement imposé en France à « une demande inédite par son ampleur » tant dans les magasins que pour les services de livraison à domicile ou en voiture.

En 2019, le distributeur a dégagé un résultat opérationnel courant de 1,29 Mrd€, en baisse de 5,3 % après impact de change (- 3,1 % à taux de change constant), pour un chiffre d’affaires de 34,6 Mrd€, en hausse de 0,9 % (+4,2 % à taux de change constants). Le groupe souligne qu’en France « la marge d’Ebitda s’améliore de + 57 points de base à 9,0 % du chiffre d’affaires ». La perte nette de l’ensemble consolidé, (part du groupe) s’enfonce dans le rouge à 1,43 Mrd€ (contre une perte de 117 M€ en 2018) qu’il attribue notamment à des « dépréciations d’écarts d’acquisitions » du fait de la cession de son enseigne discount Leader Price, en perte de vitesse. Mais, le résultat net normalisé des activités poursuivies (part du groupe) s’élève à 212 M€ en 2019, contre 327 M€ un an plus tôt.

Confronté à de graves difficultés, causées par le poids de sa dette, le groupe dirigé et contrôlé par Jean-Charles Naouri s’est ainsi engagé dans un vaste plan de cession de 4,5 Mrd€ à fin mars 2021, dont 2,8 Mrd€ cédés depuis juin 2018 et « 1,8 Mrd€ encaissé à fin 2019 », précise-t-il dans son communiqué. Dernière opération en date, la vente de 567 magasins Leader Price en France, ainsi que trois entrepôts, à son concurrent allemand Aldi pour une valeur d’entreprise de 735 M€ (Agra Alimentation du 26 mars 2020). L’ensemble de ces cessions d’actifs lui ont ainsi permis de réduire sa dette nette en France à 2,28 Mrd€ au 31 décembre 2019 (contre de 2,72 Mrd€ fin 2018). Celle-ci se monte pour l’ensemble du groupe à 4,05 Mrd€ (contre 3,37 Mrd€).

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Fimalac apporte son soutien financier à Rallye

Enfin, le 30 mars, Euris, Rallye et Fimalac, annonçaient que cette société appartenant à l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière s’est engagée à refinancer l’intégralité des opérations de dérivés conclues par Rallye, la maison mère de Casino. Le montant maximum de cette ligne de financement s’élève à 215 M€, avec une maturité de 4 ans, prorogeable d’un an sous réserve de l’accord avec Fimalac. En fait, cet accord de refinancement remplace celui signé le 2 mars dernier avec Daniel Křetínský, comme l’a confirmé Rallye, plus tard dans la journée du 30 mars, dans un second communiqué laconique indiquant « avoir annulé la ligne de financement avec EP Investment (entité contrôlée par Daniel Křetínský, ndlr) », par celle de Fimalac. Ce changement n’a pas d’incidence sur la présence au capital de Casino, de l’homme d’affaires tchèque, à hauteur de 5,64 % via le fonds d’investissement Vesa Equity Investment.

Il est certain que depuis le 2 mars, les choses ont fondamentalement changé sur fond de propagation du coronavirus. « Dans le contexte actuel sans précédent », est-il précisé, cet accord avec Fimalac permet d’exclure en cas de demande par les banques de « l’exigibilité anticipée des opérations de dérivé », que Rallye ne perdre 8,73 % du capital de Casino (à la date du présent communiqué), correspondant aux actions nanties en garantie de ces opérations de dérivés.