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DISTRIBUTION/ACCORD Casino et Intermarché veulent créer une structure d'achat commune

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L'annonce par Casino et Intermarché de leur intention de créer une structure d'achat commune concentre encore un peu plus le poids des distributeurs dans les relations commerciales. L'Ania s'est inquiétée de cet accord qui renforce selon elle la course aux prix les plus bas et menace davantage l'ensemble de la filière alimentaire en France.

Après Système U et Auchan, Casino et Intermarché ont annoncé leur intention de créer une structure d'achat commune. Cette coopération, entre un groupe coté en Bourse (Casino) et un groupement d'indépendants (Intermarché) se fera « d'égal à égal » et « concerne exclusivement la France », ont indiqué les deux enseignes. Il entrera en vigueur « dès les négociations 2015 », pour lesquelles les discussions entre distributeurs et fournisseurs, souvent acharnées et tendues, en vue de fixer les tarifs des produits de grande consommation pour l'année à venir, viennent de s'ouvrir pour une période de cinq mois. « Son objectif est de permettre aux deux partenaires d'optimiser les achats et, au niveau national, d'améliorer l'offre de services aux fournisseurs, sur des produits de grandes marques auprès de groupes multinationaux, dans l'alimentaire et le non alimentaire », est-il indiqué. Dans une interview au magazine LSA le 10 octobre, Thierry Cotillard, le responsable de l'offre alimentaire Intermarché, a précisé qu'il n'y aurait « aucune prise de participations croisées dans notre accord et nous avons privilégié des schémas juridiques très simples » qui « permettront si nécessaire de dénouer les liens sans dommages pour les deux parties. Après, c'est l'efficacité de l'accord et les gains qu'ils généreront qui nous motiveront vraiment à rester ensemble », a-t-il ajouté. Selon lui, « cet accord pourrait rapporter 100 millions sur un peu plus de 10 milliards de volume d'affaires ». Une fois réunis, Casino et Système U représenteront un peu moins de 26 % des parts de marché de la distribution française, passant devant Système A (un peu moins de 22 %), Carrefour et Leclerc (tous deux aux alentours des 20 %).

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Sans surprise, l'association des industries alimentaires (Ania) s'est inquiétée de ces mouvements de rapprochements dans la distribution à l'amorce des négociations commerciales, qui « vient renforcer la course aux prix les plus bas et menace davantage l'ensemble de la filière alimentaire en France », indique le communiqué. Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, cité dans le communiqué, craint que de telles stratégies accélèrent « la spirale déflationniste sur l'alimentaire » tant redoutée. Dans un tel contexte, l'association attend beaucoup de la réunion avec les ministres de l'Agriculture et de l'Economie afin de mettre en place un modèle économique qui prendrait en compte « les attentes des consommateurs, la préservation des emplois de la filière alimentaire et la compétitivité de nos entreprises ».