En partenariat avec trois organisations de défense des animaux, Casino lance le premier étiquetage sur le bien-être animal en France, appliqué au poulet de chair. Et souhaite l’étendre à d’autres espèces.
Aujourd’hui, le discours anti-viande est de plus en plus audible et entraîne des questionnements des consommateurs qui finalement connaissent peu de choses au bien-être animal. Élevages en cages, volière ou en plein air chez les poules pondeuses, temps de pâturage pour certaines filières lait de vache... Face aux scandales récurrents sur la question, la grande distribution s’organise.
Dès la 10 décembre, les magasins Casino apposeront un étiquetage du niveau de bien-être animal sur leur gamme de poulet premium de marque distributeur « Saveurs & terroirs ». Le référentiel comprend l’ensemble du cycle de vie de l’animal, de la naissance à l’abattage et non aux seuls modes d’élevage et comprend 230 critères. « Il ne s’agit pas d’un compromis avec les éleveurs, témoigne Louis Schweitzer, président de LFDA et ancien p.-d.g de Renault qui a participé aux travaux. Nous engageons notre responsabilité sur le sérieux de cet étiquetage. »
Pour définir cette notation, inédite en France, Casino s’est entouré de trois ONG : CIWF, LFDA et l’OABA. Ces trois organisations, indépendantes et bien établies, sont dites welfaristes : elles travaillent à l’amélioration du bien-être des animaux d’élevage. Elles ne sont pas anti-viande ou abolitionnistes, comme c’est le cas de l’association L214, connue pour ses vidéos virales.
Un Nutri-score du bien-être animal
À l’image du Nutri-score, ce nouvel étiquetage comprendra quatre niveaux de notations : A pour supérieur, B pour Bien, C pour Assez bien et D pour Standard. Mais à l’inverse de l’étiquetage nutritionnel, l’enseigne a souhaité éviter le code couleur rouge et orange, potentiellement stigmatisant, privilégiant un dégradé de vert pour les trois premiers niveaux « qui garantissent une amélioration significative de bien-être animal » et du gris pour le poulet standard.
Parmi les 230 critères retenus figurent l’éclairage naturel des bâtiments, le rythme de croissance des poulets et la durée de transport jusqu’à l’abattoir. Sur ce volet, les volailles devront être abattues dans un abattoir disposant de la vidéosurveillance pour pouvoir bénéficier des notations A ou B.
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Concernant la méthode, les critères ont dans un premier temps été définis par le distributeur et les ONG. Leur pertinence et contrôlabilité ont ensuite été testées avec les groupements d’éleveurs fournisseurs de Casino. Aucun représentant du monde agricole n’a donc été consulté dans la définition du référentiel.
Le poulet de chair comme point de départ
Le travail a été effectué sur le poulet de chair qui « est une filière adaptée pour commencer », confie Matthieu Riché, directeur de la Responsabilité sociétale et environnementale du groupe Casino. « Mais l’objectif est d’étendre l’étiquetage a d’autres acteurs et pourquoi pas à d’autres filières ». Une trajectoire que réclament les trois organisations welfaristes. « L’ambition est d’aller vers tous les produits animaux », vise Louis Schweitzer. « Nous avons acquis une méthodologie qui nous permettra de travailler plus vite sur les autres espèces », renchérit Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA.
Car pour les ONG, l’ambition n’est pas tant de mieux informer les consommateurs que de faire évoluer les méthodes de production et d’abattage. « L’étiquetage, c’est la clé pour faire évoluer les modes de consommation, et par suite les méthodes de productions », explique Amélie Legrand, responsables des affaires agroalimentaires du CIWF.
Aucun représentant du monde agricole n’a été consulté dans la définition du référentiel
« L’ambition est d’aller vers tous les produits animaux »