Les premiers poulets porteurs d’une étiquette attestant de méthodes d’élevage, de transport et d’abattage respectueuses du bien-être animal arrivent dans les rayons des enseignes Géant et Casino. C’est le résultat d’un partenariat entre Casino et 3 ONG welfaristes : CIWF, l'OABA et la Fondation droit animal, éthique et science.
Le 10 décembre, les six premières références de poulet « bien élevé » arriveront dans les rayons des magasins Géant et Casino de France. Particularité ces emballages : ils apportent une information spécifique concernant le niveau bien-être de l’animal (élevage, transport et abattage) sous la forme d’une lettre (A, B, C ou D). « Les niveaux A, B et C garantissent une amélioration significative du bien-être animal », précise Casino. Les produits concernés sont ceux de la marque de distributeur Casino Terre & Saveurs et sont issus d’un seul abattoir, celui des Fermiers du Sud-Ouest, dont Maïsadour et Terrena se partagent le capital, près de Mont-de-Marsan. Deux groupements d’éleveurs sont concernés par ce dispositif, produisant tous des volailles Label Rouge.
« La mise au point de cet étiquetage est le fruit d’un travail de deux ans pour construire un référentiel et une méthode de notation », explique Matthieu Riché, directeur de la RSE du groupe Casino. 230 critères sont pris en compte, permettant une obligation de moyens et de résultats, qui sont vérifiés par un audit indépendant au moins une fois par an. Le coût de l’audit est actuellement pris en charge par Casino, et l’enseigne ne prévoit pas de hausse de prix final sur les produits étiquetés. En revanche, si un éleveur souhaite investir pour être mieux noté, Casino pourra prendre en compte cet effort financier et le répercuter sur le prix final.
Répondre à une attente des consommateurs
« Il ne s’agit en rien d’une négociation entre les éleveurs, le distributeur et les organisations welfaristes, mais bien d’une initiative de notre part », a expliqué de son côté Louis Schweitzer, le président de la Fondation droit animal, éthique et science, qui a participé au projet aux côtés de la branche française de Compassion In World Farming (CIWF) et de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA). Les parties prenantes dans cette démarche sont persuadées que l’information sur les conditions d’élevage et d’abattage intéressent les consommateurs au plus haut point. Selon les enquêtes d’opinion sur ce sujet, une très forte majorité de consommateurs s’en préoccupent et sont prêts à débourser davantage pour des produits issus d’animaux bien traités. Casino espère étiqueter de cette manière plus d’un million de produits en 2019.
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Si les premiers produits concernent la MDD haut de gamme de Casino, le groupe souhaite étendre l’étiquetage à d’autres MDD du groupe qui compte les enseignes Franprix et Monoprix. Et il prévoit même de créer une association qui permettra à d’autres industriels de s’associer à la démarche et d’adopter le référentiel. A plus long terme, Casino envisage d’étendre le référentiel à d’autres espèces, comme les bovins. « Une partie du travail a été fait avec un référentiel qui existe pour le poulet, il faudra maintenant l’adapter à d’autres espèces. Mais pour les bovins par exemple, ce sera plus complexe car les animaux peuvent passer par plusieurs élevages, parfois situés dans plusieurs pays », explique le Pr Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA. Casino indique avoir une approche pragmatique sur ce dossier, et attend de voir comment le consommateur va réagir face à cette nouvelle information sur la face avant des emballages.
Une application pour évaluer le bien-être des lapins
Le Clipp, l’interprofession du lapin, a annoncé, dans un communiqué diffusé le 3 décembre, le lancement de « la première application sur smartphone pour l’évaluation du bien-être animal en élevage de lapins », Ebene. Celle-ci a été conçue en collaboration avec l’Itavi (Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole). L’application, gratuite pour les éleveurs et déjà disponible sur Androïd, propose « un système d’évaluation pour mesurer simplement et objectivement le bien-être » sur 4 critères : bonne alimentation, comportements appropriés, bonne santé et bon environnement. « La méthode privilégie les indicateurs de résultats et repose sur l’observation des animaux, dans leur comportement et leur état sanitaire », ainsi que « des indicateurs de moyens », précise le communiqué. Elle permet ensuite à l’éleveur de visualiser sous forme de graphique ses points forts et points faibles. Ebene s’appuie sur les « protocoles scientifiques d’évaluation du bien-être animale reconnus » Welfare Quality et Awin, et a été conçu en lien avec les ONG Welfarm et CIWF. Pour assurer le déploiement de l’application, le Clipp va mettre en place « en deux ans » des formations en lien avec l’Itavi destinées aux « vétérinaires et aux techniciens des organisations de producteurs et des fabricants d’aliments » pour « en faire des évaluateurs et formateurs qualifiés », précise le communiqué.
RO