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Résultats Casino se félicite d’un positionnement générateur de marge

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Casino a enregistré une marge opérationnelle en nette progression dans tous ses formats en 2003. La proximité et le maxidiscompte ont affiché les meilleurs résultats en France tandis que les activités internationales ont connu une nette amélioration. Pour la première fois, le résultat d'exploitation de Leader Price a dépassé celui de Géant.

Malgré la morosité de la conjoncture, Casino a su tirer son épingle du jeu en 2003. En France, le distributeur stéphanois a porté sa marge opérationnelle de 5,2 % à 5,6 %. Il a enregistré un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 0,5 % à 22,983 milliards d’euros en 2003. A taux de change constants, la variation est de +4,7 %. En France, le chiffre d’affaires a progressé de 4,4 % à 18,287 milliards d’euros avec un résultat net de 492,3 millions d’euros (+10,6 %) et un résultat d’exploitation de 1,070 milliard d’euros (+10,8 %). La marge opérationnelle a atteint 4,7 % contre 4,2% en 2002. A l’international, le chiffre d’affaires s’est élevé à 4,696 milliards d’euros (-12,2 %), pour un résultat d’exploitation de 57,5 millions d’euros(+6 %). Les résultats 2003 « valident le positionnement et la stratégie du groupe », se sont félicités Christian Couvreux, vice-président du conseil d’administration, et Pierre Bouchut, directeur général, le 11 mars lors de la présentation des résultats 2003.

« Réalimentarisés »

A première vue, avec ses hypermarchés Géant (magasins d’une surface moyenne de 7 000 mètres carrés « à taille humaine » et nouvellement « réalimentarisés » (en langage stéphanois), ses supermarchés Casino, ses magasins populaires Monoprix, ses supermarchés parisiens Franprix et ses maxidiscomptes Leader Price, sans compter son réseau de plusieurs milliers de supérettes et de magasins de proximité Petit Casino, Spar, Vival, EcoService, le groupe Casino pourrait paraître hétéroclite, mais c’est un distributeur multiformat. L’un des bénéfices du positionnement du groupe, dont les maîtres-mots sont proximité, alimentaire et maxidiscompte, est qu’il s’est avéré particulièrement adapté à la conjoncture et à l’évolution du mode de vie des Français.

Le fait marquant de l’exercice 2003 est sans nul doute la performance du segment maxidiscompte, qui a fait progresser de 19,1 % le résultat d’exploitation de la chaîne Franprix/Leader Price. En 2002, il avait cru de 23,5 %. « En 3 ans, le résultat d’exploitation de Franprix/Leader Price a doublé et a dépassé pour la première fois celui des hypermarchés Géant», s’est réjoui Christian Couvreux. La proximité s’est montrée tout aussi rentable. Les supérettes et petits supermarchés ont vu leur résultat d’exploitation progresser de +13,3 % après +19,6 % en 2002. Monoprix a connu une croissance de son résultat opérationnel de 14 %. Les hypermarchés Géant ont affiché une marge de 4,1 % contre 3,9 % en 2002, et les supermarchés Casino de 4,2 % contre 4,1 %. Résistant mieux que leurs concurrents à la désaffection des Français pour le format, ils ont même gagné 0,2 point de part de marché, soit 0,5 point en deux ans.

Le distributeur stéphanois n’a pas été aussi heureux à l’international, dont le chiffre d’affaires accuse -12,2 %, à 4,696 milliards d’euros. Mais son implication hors des frontières de l’Hexagone reste faible et, si d’aucuns ont pu la juger timide hors période de crise, elle est devenue un atout depuis que le cours de l’euro a franchi tous les sommets. La hausse du cours de l’euro a mécaniquement réduit la contribution de l’étranger, ce qui renforce le caractère européen du groupe de Jean-Charles Naouri. Le marché du groupe est donc européen pour l’essentiel, et pour ainsi dire même français, avec un développement récent aux Pays-Bas, qui est opportunément intervenu alors que le leader local, Albert Heijn, subit les contrecoups des déboires de sa maison-mère Ahold. L’on appréciera à quel point la crise argentine et la chute du peso, qui correspondent à une baisse significative des revenus de Casino en Argentine et donc de leur contribution, ont ipso facto réduit l’exposition du groupe dans ce pays à presque rien.

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Recentrage

Loin de s’appesantir sur les difficultés argentines, Christian Couvreux et Pierre Bouchut ont préféré mettre l’accent sur les autres régions du monde dont les activités sont consolidées dans les comptes du groupe : les Etats-Unis, la Thaïlande, la Pologne et l’Océan indien. On les comprend : le groupe n’a toujours pas réussi à redresser la situation de sa filiale Libertad en Argentine (résultat d’exploitation à -5,1 millions d’euros en 2003) et vient de se faire souffler Disco, cédé par Ahold au chilien Cencosud. Aux Etats-Unis, donc, qui représentent 39 % du CA consolidé à l’international, Casino est parvenu à redresser la barre en recentrant sa filiale à 60 % Smart and Final sur son cœur de métier rentable en éliminant les foyers de perte (cession des activités de foodservice et des supermarchés en Floride). Forte de 220 magasins, la chaîne californienne a établi un programme d’ouvertures dans les états voisins. En Thaïlande, Big C continue d’afficher des croissances à deux chiffres en monnaie locale (CA à +10,8 % et résultat d’exploitation à +18,6 %) pour 36 magasins dont trois nouveaux en 2003 et une marge opérationnelle de 4,6 %.

Equipe renouvelée

En Pologne, les résultats sont moins brillants. Géant Polska a enregistré un résultat d’exploitation à -17,3 millions d’euros en 2003, mais il s’agit d’une nette amélioration par rapport à 2002, année dont les mauvais résultats avaient pour une part été compensés par la cession des galeries commerçantes. Toutefois, l’équipe dirigeante a été totalement renouvelée. Les ventes à perte aux grossistes ont été arrêtées, de même que les promotions ponctuelles, au bénéfice d’une politique de every day low prices. L’offre alimentaire a été élargie et le mix non alimentaire adapté à la zone de chalandise. Un programme de fidélisation a été lancé. Dans l’Océan indien, les activités de Casino sont surtout représentées par Vindemia, la filiale de distribution de Groupe Bourbon, lequel a prévu à terme de se recentrer sur les services maritimes. Casino a pris 33 % de Vindemia et dispose d’une option pour porter sa participation à 100 %.

Aux Pays-Bas, l’année 2003 a été celle du redressement du back-office de Laurus (réduction des effectifs, optimisation de la logistique avec la fermeture de deux entrepôts, amélioration des conditions d’achats avec l’adhésion à la centrale d’achats du groupe, EMC). Le résultat d’exploitation a atteint 39 millions d’euros contre 31 millions d’euros en 2002. L’année 2004 sera pour la filiale Laurus, ont assuré les dirigeants de Casino, celle du « reploiement commercial ».