D’étape en étape, il semble que les fournisseurs de la grande distribution avalent plus de couleuvres que prévu. L’abaissement progressif du calcul du seuil de revente à perte, enclenché par la loi Dutreil il y a deux ans, a été finalement accéléré jusqu’à l’atterrissage brutal au triple net instauré cette année par la loi Chatel. Qui aurait cru, il y a un an, que l’industrie alimentaire l’accepterait ? Avant même de voir si elle pourra supporter un tel traitement de choc, il est déjà question de faire sauter un dernier verrou, le principe de non-discrimination. Il n’y a pas si longtemps, cela était tabou même à l’Ilec, dont le président, aujourd’hui, n’est pas autrement choqué par les conclusions du rapport Hagelsteen. Pour Olivier Desforges, l’essentiel est sauf : il n’est pas question de tout chambouler comme à la commission Attali, il reste un droit spécifique aux relations commerciales (le titre IV), on reconnaît l’inégalité des forces en présence en relevant les sanctions et l’on fait bien partir des CGV et des tarifs la démarche de négociation. Rien de tout cela n’a échappé non plus au président de l’Ania mais Jean-René Buisson voit quand même un casus belli dans la proposition-clé de ce rapport, la possibilité offerte aux distributeurs de faire baisser les tarifs sans contreparties négociées pour les promotions. Sans garantir le moindre avantage consommateur, la liberté donnée aux distributeurs de négocier les tarifs va encore accroître la pression sur tout l’appareil productif dont la contribution à la richesse nationale ne cesse de diminuer. Dans l’alimentaire, ses performances sont pourtant bien utiles pour alléger le déficit extérieur de la France. Mais pour combien de temps ?

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