« Avec le recul de ces cinq dernières années, je crois que l’on peut dire que nous avons prouvé que la séparation de l’évaluation des risques et de la gestion des risques, non seulement cela fonctionne, mais apporte une valeur ajoutée au système de salubrité des aliments ». C’est ce qu’a déclaré devant les parlementaires européens, Catherine Geslain-Lanéelle, directrice exécutive de l’AESA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) venue leur présenter l’état des travaux en cours et les chantiers futurs de son institution.
« Depuis la création de l’AESA, nous avons publié plus de 600 avis scientifiques et traité plus de 1600 demandes. De plus en plus, les tâches sont attribuées à l’AESA, une marque de la confiance placée dans la qualité et l’indépendance de nos évaluations des risques ». Visiblement satisfaite de la qualité des travaux de ses scientifiques, Catherine Geslain-Lanéelle, directrice exécutive de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA), a tenu à rappeler devant les parlementaires européens que son institution est « constamment en train de revoir ses procédures dans le but d’affiner ses méthodes de travail et de livrer la meilleure science sur laquelle les décisions peuvent être fondées ». Faisant indirectement allusion aux insinuations parues dans la presse sur les avis de l’AESA jugés trop souvent favorables à l’industrie, Mme Geslain-Lanéelle a indiqué que son équipe « suit aussi de très près les activités des institutions de l’UE sur la gouvernance des organismes et qu’elle travaille sur la gouvernance de l’AESA ». A cet effet, son institution a déjà révisé les procédures et la politique pour les déclarations d’intérêt des scientifiques qu’elle engage « dans le but de renforcer sa crédibilité et d’assurer la transparence ». Elle met en oeuvre actuellement des procédures révisées pour les membres du conseil d’administration, les groupes scientifiques, le Comité scientifique, les experts extérieurs et les membres du personnel. Enfin « toutes les déclarations seront progressivement publiées sur le site de l’AESA », a annoncé la responsable de l’Autorité alimentaire. Au cours de ce mois d’avril, l’AESA commencera à mettre en œuvre le processus de révision interne de la qualité de sa production scientifique fondée sur les conseils donnés en 2007 par le Comité scientifique. Après une première phase d’auto-examen et d’un audit interne par des cadres supérieurs du personnel scientifique qui ne participent pas à la confection des avis scientifiques, il sera procédé, dans une deuxième phase à un examen, cette fois-ci par des scientifiques extérieurs indépendants.
Effectifs scientifiques en hausse
Catherine Geslain-Lanéelle a par ailleurs annoncé aux députés que les effectifs de l’AESA s’élevaient à la fin de mars 2008 à 325 employés, soit une centaine de plus qu’à la fin de 2006. « Entre 2006 et 2008, nous aurons doublé le personnel dédié aux activités scientifiques et nous allons augmenter encore leur nombre ». À la fin de 2008, quelque 70% du budget de l’AESA sera alloué aux activités scientifiques.
La directrice exécutive a révélé également que l’AESA poursuit ses travaux de mise en réseau avec les agences des États membres pour être en mesure d’utiliser de façon efficace les synergies, de profiter de l’expertise disponible dans les États membres et d’éviter des doubles emplois inutiles. Ainsi des groupes de travail avec les États membres ont été créés et travaillent sur des sujets tels que l’enrichissement en acide folique, l’évaluation de la sécurité des préparations botaniques ou encore l’harmonisation des méthodes d’évaluation des risques chimiques et de données d’occurrences. À ce jour, l’AESA a signé 22 ententes de « point focal » avec les autorités nationales et dont la mission principale est de faciliter l’échange d’informations, de bâtir des réseaux solides entre l’AESA et tous les acteurs du système de salubrité des aliments et de coordonner l’évaluation des risques des instituts au sein des États membres. « Nous espérons avoir en place d’ici l’été tous les points focaux – une marque de l’engagement des Etats membres à renforcer leur coopération avec l’AESA », a indiqué la directrice française.
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Ne pas baisser la garde
« Mais nous ne pouvons pas être complaisant avec ces réalisations. Nous devons continuer à être proactifs dans le traitement des changements. Aujourd’hui, la sécurité alimentaire - avec l’AESA elle-même - est à un tournant », a rappelé Catherine Geslain-Lanéelle.
Un commerce alimentaire de plus en plus mondialisé et la circulation des produits alimentaires de base peuvent conduire, selon elle, à l’émergence ou la réémergence des risques. De même les changements socio-démographiques en Europe ont influencé l’alimentation traditionnelle et l’obésité et ses troubles ont commencé à affecter la santé publique européenne.
Plan stratégique 2009-2013
Dans le contexte de la préparation de son plan stratégique 2009-2013, l’AESA a indentifié une série de domaines stratégiques. Parmi ceux-ci, la mise au point et la fourniture de l’accès à « l’unique base de données scientifiques pan-européennne » liées à la sûreté des denrées alimentaires et la nutrition. Ces données devraient permettre d’améliorer la qualité des évaluations des risques et aider l’AESA à identifier de façon proactive les risques émergents ou ré-émergents pour l’approvisionnement alimentaire. Grâce à ses réseaux de communication des risques dans les 27 États membres et en consultation avec les gestionnaires des risques et les parties prenantes au niveau européen, l’AESA s’efforcera de fournir « des messages cohérents et pertinents » sur tous les aspects de son travail. Pour ce faire, l’AESA se promet de suivre et de chercher à comprendre la perception des risques et les besoins des consommateurs en matière d’information sur la sûreté des denrées alimentaires et sur une alimentation saine. Elle s’efforcera enfin d’assurer la réactivité, l’efficacité et l’efficience de ses équipes et continuera, notamment, d’investir dans les systèmes d’information pour faciliter le travail de ses experts scientifiques et du personnel. Ce plan stratégique devra être sera soumis au Conseil d’administration de l’AESA, au plus tard cette année.