L’huilerie Cauvin, basée à Nîmes, vient de remporter le prix de l’avenir EY en partenariat avec l’Ania. Serge Filhol, qui pilote l’entreprise (27 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016), investit 5 millions d’euros dans la production et va fortement internationaliser les ventes.
En treize ans, Cauvin est passé d’une situation difficile, avec des ventes de 2,5 millions d’euros, à 26 millions de chiffre d’affaires pour l’année 2016. Cette performance, Serge Filhol la doit surtout à « une bonne lecture du marché, qui nous a fait opter pour le bio dès 2005, le développement en GMS, la transparence vis-à-vis des origines et l’innovation », résume le p.-d. g. et actionnaire avec sa famille. La grande distribution a accompagné le développement de l’entreprise, qui travaillait avant 2003 essentiellement avec des collectivités nombreuses et représentant souvent des petits clients. « A l’époque, nous faisions 200 000 euros en GMS et maintenant 17 millions d’euros », rappelle Serge Filhol. L’entreprise gardoise est désormais référence dans les 4 principales centrales d’achat. « Nous occupons une place à part face aux grands opérateurs car nous proposons des huiles plus valorisées et un large choix de références, dont des produits où la concurrence est plus faible », poursuit-il. « Notre huile d’olive “sélection” est 3 euros plus chère que le cœur de marché avec Puget » (7 euros les 75cl).
L’entreprise ne possède pas de moulin, mais est passée maître dans la conduite des approvisionnements, notamment pour des huiles « rares » que peu d’opérateurs sont capables de proposer et d’en assurer une qualité et une traçabilité parfaite. Ces 10 références représentent 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le bio fait partie de l’ADN de l’entreprise et compte désormais pour un tiers des ventes à la grande distribution (6 millions d’euros).
Après les réseaux traditionnels, Serge Filhol veut aller vers la distribution spécialisée, « mais toujours sur le haut de gamme afin d’éviter la bagarre sur les prix », tient à souligner le dirigeant. Alors que la GMS représente les deux tiers des ventes, Serge Filhol cherche à diversifier ses débouchés. « Avoir un tiers des ventes auprès de l’industrie me permet de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier », souligne-t-il. « Nous allons mettre l’accent maintenant sur l’international : 5 % des ventes l’année dernière, et 7 % prévus cette année, en nous appuyant sur les huiles rares en goût et en visant les marchés européens et canadiens. » Pour servir son projet, qui consiste à multiplier par deux les ventes en l’espace de 5 ans, Cauvin va massivement investir dans la production afin d’avoir les volumes nécessaires. « Notre nouveau site de production bénéficie d’un investissement de 5 millions d’euros qui va nous permettre de doubler ou tripler nos volumes. » De quoi assurer l’avenir de l’entreprise familiale qui a reçu le 18 janvier le prix de l’avenir EY en partenariat avec l’Ania (lire aussi page 35), une récompense qui s’adresse « aux entreprises qui se sont illustrées par leur croissance en France ou à l’international ».
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La production d’huile d’olive dans la tourmente
La hausse des cours de l’huile d’olive, résultat des variations de la production et d’une demande en hausse, cause des soucis aux entreprises de négoce et aux industriels. Pour la campagne 2016/2017, la production mondiale devrait être en retrait de 14 % selon le Conseil oléicole international et de 17 % en Europe, avec des chutes sévères comme en Italie et en Tunisie, deux pays dont la récolte est divisée par deux. L’Espagne (1,3 million de tonnes d’huile sur 1,9 million de tonnes en Europe) recule de 6 %, avec à la clé des tensions sur les prix. Les conserveurs de poisson sont particulièrement alarmistes. « Depuis le début de l’année 2016, ils (les cours de l’huile d’olive, NDLR) se situent dans une fourchette allant de 3 500 à 4 000 € la tonne selon l’index Mundi (source FMI), alors qu’ils plafonnaient à 2 400-3 000 €/tonne entre juillet 2010 et juillet 2014. En juin 2016, le surcoût estimé de la tonne d’huile d’olive était de +30 % comparé à juin 2014 », expliquait la Fédération des industries des aliments conservés (Fiac) en novembre dernier. Or, la demande mondiale reste élevée, progressant au rythme de 6 % par an.