En congrès, les industriels de la filière CBD (Uivec) ont appelé les producteurs à trouver des débouchés avant de se lancer. Avant sa deuxième récolte, la commercialisation est toujours limitée par l’attente de textes réglementaires.
À l’occasion de la deuxième édition de son évènement sur le CBD et les extraits de chanvre le 16 juin, l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (Uivec) est revenue sur la constitution d’une filière agricole en France. Afin de « faciliter la contractualisation et l’accès aux débouchés pour les agriculteurs », Ludovic Rachou, président de l’Uivec, a rappelé la mise en place d’un collège de producteurs de chanvre à fleurs au sein du syndicat. « En moyenne, deux à trois agriculteurs nous contactent par jour à propos du CBD. Nous les encourageons à trouver des débouchés avant de se lancer », a-t-il affirmé.
Entre 300 et 500 hectares de chanvre avaient été récoltés pour leur fleur fin 2022, selon les estimations de l’Uivec. Or, nombreux étaient les agriculteurs à n’avoir pas réussi à commercialiser leur récolte, notamment en raison de l’incertitude réglementaire, avait confié son président à Agra Presse fin novembre 2022.
Pour rappel, le Conseil d’État a annulé la partie de l’arrêté du 30 décembre 2021 interdisant la vente et la consommation des fleurs et des feuilles de chanvre ayant un taux de THC – une molécule psychotrope du cannabis – inférieur à 0,3 %, rapporte un communiqué de presse du 29 décembre. À la suite de concertations avec les parties prenantes de la filière, une nouvelle version de l’arrêté du 30 décembre 2021 devrait voir prochainement le jour afin notamment d’encadrer la commercialisation des fleurs et feuilles brutes, selon l’Uivec. « Une fois l’arrêté réécrit, il devra être notifié auprès de la Commission européenne, ce qui ouvrira une période de statu quo de trois à six mois », souligne Ludovic Rachou.
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Le médical, pas pour les agriculteurs
Concernant le cannabis médical, l’Uivec précise que le syndicat a contribué aux discussions pour établir le nouveau texte sur la détention, la culture, l’importation, l’exportation, le transport et le stockage du cannabis médical. Avec la possible publication d’un arrêté sur le cannabis médical en 2024, une filière pourrait voir le jour en France, selon le président de l’Uivec, qui se montre néanmoins prudent.
« Ce ne sont pas les agriculteurs qui vont pouvoir en bénéficier », explique-t-il, soulignant qu’il s’agit principalement d’une culture « indoor » qui implique d’importants investissements. Pour rappel, l’usage du cannabis médical a été autorisé en 2021 en France dans le cadre d’une expérimentation, qui devrait s’achever en mars 2024. Selon l’Uivec, le marché de cette thérapeutique représente aujourd’hui 550 M€ à l’échelle européenne.
JJ