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Pratiques agricoles et réchauffement climatique Ce que préconise l'Inra

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Dans un rapport qui nécessita deux ans d'analyse et qui a été publié en juillet 2013, l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) présentait dix évolutions des pratiques agricoles destinées à lutter contre le réchauffement climatique. Parmi elles, et principalement, la réduction du recours aux engrais minéraux et le développement des techniques culturales sans labour. Présentation de ces dix pratiques :

Diminuer le recours aux engrais minéraux de synthèse. Ce qui permettrait de réduire les émissions de dioxyde d'azote (NO2). Une réduction des apports qui peut être obtenue en les ajustant mieux aux besoins avec des objectifs de rendement réalistes. Autre moyen : une meilleure utilisation des fertilisants organiques. Les agronomes maîtrisent de nombreuses techniques pour réduire ces recours aux engrais minéraux (retard du premier apport, enfouissement localisé, etc.).

Accroître la part des cultures de légumineuses dans les rotations. Cela permet de fixer l'azote de l'aire et de laisser en terre des résidus plus riches en azote. Du coup, le besoin en fertilisation minérale de la culture suivante est réduit.

Développer des techniques culturales sans labour. Une terre sans labour permet de mieux préserver la structure des sols et de ralentir sa décomposition et sa minéralisation. Du coup, le stockage du carbone est accru. En plus, l'abandon du labour permet d'économiser du carburant fossile et donc de réduire les émissions de CO2.

Implanter des couverts végétaux entre deux cultures ce qui permet de stocker davantage de carbone dans les sols et limiter les émissions de NO2. Même conséquence pour les cultures intercalaires dans les vignobles et les verges, de même qu'avec les bandes enherbées.

Développer l'agroforesterie (lignes d'arbres implantées dans les parcelles cultivées ou les prairies et les haies. Autant d'actions qui permettent de favoriser le stockage de carbone dans le sol.

Améliorer la gestion des prairies en allongeant la saison du pâturage, en réduisant la fertilisation, en augmentant la durée de vie des prairies temporaires de manière à réduire le retournement des prairies qui provoque des émissions de dioxyde d'azote et de méthane (CH4).

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Indépendamment du stockage dans le sol, l'Inra évoquait d'autres pratiques, concernant l'élevage, permettant d'agir sur les émissions de gaz à effet de serre.

La réduction des émissions de méthane par les bovins en modifiant leur ration : enrichissement par des lipides insaturés (graines d'oléagineux) et/ou ajout d'additifs comme du nitrate dans des rations pauvres en azote.

Réduction des apports protéiques dans les rations pour limiter les rejets d'azote dans les déjections.

Captation du méthane produit par la fermentation des effluents d'élevage, cette méthanisation permettant de produire de la chaleur et/ou de l'électricité.

Réduction de la consommation d'énergies fossiles sur l'exploitation en améliorant l'isolation, la gestion du chauffage dans les bâtiments d'élevage et les serres ainsi que la consommation de gazole par les tracteurs.

Investissements : comment profiter de la nouvelle déduction

Le gouvernement a diffusé le 27 avril une note générale rappelant les conditions dans lesquelles toute entreprise peut bénéficier d'une déduction d'impôts pour les investissements qu'elle réalise. Cette possibilité est également ouverte aux agriculteurs, soit dans le cadre d'une société, soit lorsqu'il s'agit d'un exploitant individuel dès l'instant qu'il est imposé sur le revenu. Les investissements concernés : l'ensemble des matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication ou de transformation, c'est-à-dire l'immense majorité des équipements industriels ; mais également les matériels de manutention, pour les entreprises qui ont une activité de logistique par exemple ; on peut aussi profiter de cette mesure grâce aux installations destinées à l'épuration des eaux et à l'assainissement de l'atmosphère, ou aux installations productrices de vapeur, de chaleur ou d'énergie (mais pas celles qui donnent droit à l'application d'un tarif réglementé d'achat de la production électrique). On peut aussi en profiter dans le cadre d'un investissement dans des matériels et outillages utilisés pour la recherche scientifique ou technique. La déduction est égale à 40 % du prix de revient de l'investissement et son montant est déduit du bénéfice linéairement sur la durée d'amortissement. Elle s'ajoute à l'amortissement pratiqué par ailleurs dans les conditions de droit commun. Exemple donné par la fiche gouvernementale : Un exploitant agricole exerçant son activité dans une société, soumise à l'impôt sur les sociétés, achète au 1er juillet 2015 un tracteur au prix de 150 000 euros, amortissable sur 6 ans. L'exploitant agricole pourra donc déduire de son bénéfice agricole 5 000 euros la première année puis 10 000 euros par an de 2016 à 2020 et enfin 5 000 en 2021. Sur la base du taux normal de l'impôt sur les sociétés, il aura réalisé une économie d'impôt pouvant aller jusqu'à 20 000 euros sur cette même période. Il est rappelé que l'avantage serait également acquis à un exploitant individuel imposé à l'impôt sur le revenu.