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Cearitis obtient des financements pour accroître ses solutions agroécologiques

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Marion Canale (à gauche) et Solena Canale Parola, co-fondatrices de Cearitis Crédits : © Cearitis

A l’origine de dispositifs de lutte contre les ravageurs des arboricultures, biosourcés et alternatifs aux traitements phytosanitaires conventionnels, la start-up aixoise Cearitis vient de remporter le prix national i-Lab et cherche à lever 1 million d'euros.

Créée en mars 2020 au Génopole d’Evry par deux cousines Marion Canale et Solena Canale Parola, Cearitis a mis au point et breveté une solution pour lutter contre la mouche de l’olive et la mouche des fruits rouges, deux insectes ravageurs des cultures d’oliviers et d’arbres fruitiers. « Nous sommes petites filles d’oléiculteur et durant ses études à Sup Biotech, Marion a fait une étude sur la mouche de l’olive et sur la façon de lutter contre ce ravageur en utilisant non pas des pesticides ou des insecticides mais une solution alternative de biocontôle », explique Solena Canale Parola, diplômé d’un master en stratégie marketing de l’Iseg Paris. Les recherches de Marion Canale, enrichies après son diplôme de Sup Biotech au sein du programme Shaker du Génopole, ont permis de mettre au point deux produits entièrement biosourcés dont les molécules jouent le rôle, d’un côté, d’attractif (Samo) pour les mouches de l’olive ou des fruits rouges et, de l’autre, de répulsif (Remo) et sont combinés à un piège autonome (Pira) situé en dehors des parcelles cultivées. Brevetés en 2021, Samo, Remo et Pira ont été depuis testés dans des cultures d’oliviers et de cerisiers du sud de la France et au Portugal, séparément ou ensemble. La start-up met au point les molécules et les fait produire dans plusieurs laboratoires partenaires.

Une homologation en cours

« Ces tests ont abouti à une protection de 90% des parcelles concernées et ont été certifiés comme bonne pratique expérimentale. L’objectif est désormais de les faire homologuer par le ministère de l’Agriculture en France et au niveau européen avant une mise sur le marché, en sachant que les délais sont longs, compris entre quatre et six ans, sauf si l’on bénéficie de dérogation dans le cas d’une urgence phytosanitaire pour faute de traitement alternatif efficace », poursuit Solena Canale Parola.

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En attendant, la start-up de la biotech, qui a bénéficié à sa création d’un prêt d’honneur du Réseau Entreprendre (35 K€) et d’un prêt d’amorçage de Bpifrance (85 K€), est en train de boucler une levée de fonds de 1 million d’euros (fonds de roulement et capital, sans préciser la répartition). Ces fonds serviront notamment à accélérer sa R&D sur d’autres variétés d’arbres fruitiers (agrumes). Et Cearitis prévoit 4 recrutements d’ici à la fin de l’année, pour compléter l’équipe composée de six collaborateurs, y compris les deux fondatrices.

Déjà lauréate de plusieurs prix (Crédit Agricole Provence, Wilco, concours du Pays d’Aix et CES Innovation Award 2022), Cearitis vient de gagner l’un des prix nationaux d’i-Lab (260 K€). Intégrée au programme Booster du Génopole, elle est également incubée au Village by CA de Châteaudun et au Technopôle de l’Arbois d’Aix-en-Provence.