Le groupe coopératif morbihannais CECAB s’européanise fortement cette année dans son pôle légume industrie, son premier métier (40 % du CA). Après avoir dégagé des résultats stables en 2005, le groupe va digérer en 2006 l’intégration du hongrois Globus et construire un outil en Russie. Dans ses filières porc et volailles, il serait prêt à nouer des rapprochements.
Le début de l’exercice 2006 marque clairement l’européanisation de CECAB. Le groupe coopératif morbihannais basé à Theix, qui retire 40 % de son chiffre d’affaires (1,309 milliards €) d’un pôle conserves dominé par une importante filière de légumes industrie (437 000 tonnes en conserves et 73 000 tonnes surgelés), vient d’officialiser le début de la construction de son usine d’appertisation de légumes en Russie.
Un budget de 20 millions € destinés à mettre en boîte, dès 2007, 10 000 tonnes de pois et surtout de maïs, puis 17 000 à 18 000 tonnes dès la campagne suivante. L’européanisation de CECAB, plus connu pour sa marque d’Aucy, va encore se renforcer avec la prise de contrôle majoritaire, effective depuis fin mai, du premier groupe agroalimentaire hongrois, Globus, en difficultés depuis deux ans. Celui-ci pèse 88 000 tonnes de légumes en conserve et 73 000 tonnes de légumes surgelés. Globus travaille principalement sur la zone est de l’Europe.
CECAB dispose désormais de leviers de croissance pour développer ses volumes. Avec Globus, il annonce d’ores et déjà représenter 530 000 tonnes de conserves demi-brut, soit la place de co-leader sur le marché européen avec Bonduelle, et en légume surgelé (160 000 tonnes dans le nouveau périmètre) revendique la quatrième place du marché européen.
Course au prêt à l’emploi
Sur un marché français de la conserve de légumes, en stagnation voire en régression, CECAB joue aussi la carte de l’innovation produits pour tenter de développer les ventes. En 2005, CECAB d’Aucy a nettement renforcé son département de recherche et développement, portant ses effectifs à une vingtaine de personnes. Mission leur a été donnée d’inventer de nouveaux produits prêts à consommer.
Tous les segments de marché sur lesquels évolue CECAB en ont bénéficié : des légumes d’accompagnement cuisinés sous marque « p’tits bols d’Aucy » (8 références) en appertisé ; en surgelé, des légumes nature légèrement assaisonnés en sachets individuels à réchauffer au four micro-ondes (gamme « Cœur de fraîcheur ») et des légumes pré-cuits à poêler (gamme « Cœur de saveur ») ; et pour la restauration hors domicile, CECAB a mis au point la première gamme de légumes appertisés tracés, livrés en poches à ouverture facile.
Dans le métier de l’œuf qui représente 7 % de l’activité de CECAB, le groupe breton a mis sur le marché des produits élaborés nouveaux. Des blancs en neige parfumés pour la restauration collective, des « tortillas » (omelettes) pour le rayon traiteur libre-service. CECAB revendique la commercialisation de 450 millions d’œufs coquilles sous marque Mâtines, la production de 32 000 tonnes d’ovoproduits et 11 000 tonnes de produits élaborés.
Les bons chiffres de CECAB
Le renforcement de la recherche et développement chez CECAB porte la marque de l’ex-directeur général, Paul Guérault, venu du marketing et remplacé en début d’année par Jean-Michel Jannez, depuis vingt ans dans le groupe où il dirigeait jusqu’à présent toutes les activités d’amont en légume. Les raisons de ce nouveau changement – M. Jannez est le quatrième directeur général de CECAB en quatre ans –, ne sont pas données.
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Cependant, CECAB assure que la politique du groupe ne sera pas changée. Au vu des chiffres donnés par le groupe la semaine dernière, CECAB se porte bien. Le chiffre d’affaires 2005 se porte au même niveau qu’en 2004 ; le résultat net aussi, même si une nouvelle méthode comptable l’annonce comme doublé à 32,7 millions €. La marge brute d’autofinancement atteint 63,9 millions et les fonds propres se situent à 279 millions €.
Les investissements en 2005 (36 millions €) ont été absorbés principalement par sa filiale Aubret, salaisonnerie de Saint-Mars la Jaille (Loire-Atlantique) entièrement mise aux normes. Dans cette usine qui fabrique actuellement 61 000 tonnes de produits – le tiers en lardons, le reste en pâtés et saucisses à pâte fine – , CECAB se dote d’une nouvelle ligne de production de lardons pour développer ses volumes.
Le porc forme 30 % du chiffre d’affaires de CECAB. Il comprend, en effet, l’abattage de 1,4 million de porcs par an (30 000 par semaine) chez Europig et une activité de négoce international de 77 000 tonnes de viande de porc, au travers de la filiale CEDRO. Mais il se révèle peu profitable, hors CEDRO. « Il y a eu les perturbations liées aux travaux chez Aubret, et l’abattage souffre », indique M. Alix, secrétaire général du groupe.
Un groupe ouvert aux alliances
Le dernier pôle industriel de CECAB, la dinde (5 % du chiffre d’affaires), entièrement situé dans le Finistère continue de subir un marché déprimé, concerné lui aussi par la crise de la grippe aviaire en fin d’année 2005. Son abattoir « Volailles de l’Odet » va voir ses ses volumes d’abattage réduits de 20 % en septembre prochain, passant de 70 000 dindes à 55 000 dindes par semaine. Sans plan social mais peut-être avec du chômage technique. Sa filiale de découpe et produits élaborés, Volaven (30 000 tonnes en 2005) en subira les conséquences.
CECAB se déclare ouvert à tout rapprochement dans ce secteur, mais aussi dans ses autres métiers. Vu la taille de CECAB dans le légume industrie, il paraît difficile d’envisager une alliance autrement que sous la forme d’un rachat. Mais dans le porc, tout reste ouvert, et ce d’autant plus que dans différentes entreprises porcines bretonnes, la retraite sonne pour les dirigeants.
CECAB exploite un parc industriel composé de 31 usines dont 18 pour le seul pôle conserves, 7 en œufs et ovoproduits, etc. Il emploie 5 265 salariés équivalent temps plein. Le groupe coopératif compte sur la production agricole de 8 000 agriculteurs actifs dont les activités (appro, collecte) génèrent 18 % du CA du groupe.