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Viande/Coopérative Cecab tient son cap

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Cecab a vu ses résultats se dégrader en 2011. En cause, les difficultés de Gad, intégré l’an passé, que Cecab conserve finalement pour l’essentiel, mais aussi celles de l’œuf. La coopérative morbihannaise veut développer les alliances et partenariats, à l’instar du montage réalisée avec Pinguinlutosa dans les légumes surgelés.

L’année 2011 a été un exercice difficile dans le secteur agroalimentaire, et Cecab (Theix, Morbihan) n'y pas échappé. Son chiffre d'affaires progresse à périmètre constant, mais ses résultats se dégradent. Pour autant Cecab ne change pas son cap : continuer d'investir et nouer des alliances stratégiques.
Le groupe coopératif breton (7000 salariés dont 5000 en Bretagne) a fini l'exercice 2011 en trombe, avec un chiffre d'affaires de 2,047 milliards € contre 1,3 en 2010 -31 % dans le porc, 27 % dans le légume de conserve et les plats cuisinés, 21 % en activités agricoles, 11 % en surgelé, 10 % en œuf. Mais il traduit un changement de périmètre avec l'intégration de la totalité des comptes du groupe Gad (abattage-découpe de porcs). À périmètre constant, ses ventes ont même progressé de 11 %. Mais les difficultés des secteurs du porc et de l'œuf ont dégradé les résultats de Cecab qui fini l'année avec un cash flow de 33 millions € et un résultat d'exploitation de 18 millions. Cecab avait terminé l'année 2010 avec un résultat d'exploitation de 32,9 millions €. Principale source d'inquiétude pour Cecab, les difficultés de Gad (459 millions € de CA et 264 000 t de viande). En 2011, le groupe avait fait la une bien malgré lui. Ses deux actionnaires, Cecab et Prestor, avaient demandé le concours du Comité interministériel de restructucturation industrielle (CIRI). Ils souhaitaient un partenariat structurant pour l'ensemble de la filière. Sans solution, ils ont finalement opté pour une évolution de leur modèle interne sur trois ans (2012-2014) qui passe par le recentrage de leur activité sur l'abattage découpe de porcs. Leur filiale Binic Gastronomie a été cédée au groupe le Graët. En revanche, Cecab conserve sa filiale Aubret (Loire-Atlantique) qui fabrique 43 000 t de lardons par an, soit le quart de la production française.
Le secteur de l'œuf a, lui aussi, beaucoup souffert sur un marché en surproduction dans la première partie de l'année, puis en quasi-pénurie dans la seconde, en raison de la mise aux normes bien-être dans les élevages. Résultat, de très grandes variations du prix de l'œuf dans l'année qui se sont poursuivies au début 2012. Dans les autres métiers de Cecab, il y a des motifs de satisfaction. Dans la branche appertisée du groupe Cecab appelée d'Aucy Long Life, cœur de métier historique du groupe (450 000 t de légumes, 60 000 t de plats cuisinés et 45 000 t d'aliments pour animaux en 2011), la marque maison, d'Aucy a progressé en France autant en légume (10 % de pdm en France) qu'en plats cuisinés. Au prix de vrais efforts d'innovations et de marketing. Estimant ne pas être en mesure d'exploiter pleinement l'usine qu'elle a construite en 2007 en Russie, Cecab a décidé de la vendre à son rival en France, Bonduelle, en janvier dernier. Cecab se concentre désormais sur l'UE-27. Pour maintenir ses volumes sur ce marché qui accuse une baisse de la consommation de légume en conserve, Cecab évoque clairement des alliances. « Il faut (...), au-delà de la prise de volume organique, étudier des rapprochements ou partenariats et continuer de participer à la restructuration des marchés », dit le groupe.

« chercher des solutions collectives »
Cecab sait de quoi il parle. Dans son métier du légume surgelé, il a noué un partenariat stratégique avec le belge Pinguinlutosa en 2011, en prenant 49 % de la Holding Food Invest International holding qui contrôle l'industriel. Résultat, la naissance du numéro 2 européen avec 420 000 de légumes surgelés dont 150 000 t apportés par d'Aucy Frozen Foods, et 360 000 t de pommes de terre surgelées. Quant aux activités agricole (21 % de l'activité), elles progressent nettement par extension de la zone d'influence de Cecab, notamment vers l'ouest de la Bretagne (Finistère). Malgré les vicissitudes, le groupe Cecab continue d'investir (73,5 millions € en 2011, près de 37 millions prévus en 2012), sans plus de précisions sur leur destination. « L'ensemble des filières est concerné », dit le groupe. Cette stratégie faite d'alliances et d'investissements avait déjà été annoncée par le groupe l'an passé. Elle est confortée cette année par le président de Cecab, Alain Morice et son directeur général, Jean-Michel Jannez qui, dans le rapport d'activités du groupe disent ceci : « Nos engagements et notre ambition nous poussent à continuer à chercher des solutions collectives tout en renforçant nos propres modèles (...). » Plus loin, ils évoquent la nécessité d'investir pour créer « plus d'innovations, de segmentation car nos marchés sont matures ».

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