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CelluDot teste sa solution en plein champ pour réduire la dérive de pulvérisation des herbicides

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La pulvérisation d’herbicides par voie aérienne entraine une dérive de gouttelettes hors de la zone ciblée Crédits : © OrnaW-Pixabay

La start-up américaine CelluDot a reçu une bourse de près d’1 million de dollars pour réduire la dérive de pulvérisation lors de l’application des herbicides. Des chercheurs de l’université de l’Arkansas l’aideront à mener des essais sur le terrain afin d’évaluer l’efficacité de sa nanotechnologie.

La dérive de pulvérisation est le phénomène de transport par voie aérienne de gouttelettes ou de vapeurs de pesticides hors de la zone ciblée par le traitement. En plus de contaminer des cours d’eau ou des zones d’habitation, les agriculteurs risquent aussi de toucher des cultures voisines.

Face à l’enjeu que représente la dérive des traitement tout en conservant leur efficacité, la Fondation nationale pour la science a décidé de soutenir les travaux de CelluDot, une start-up qui utilise la nanotechnologie. L’agence indépendante vient de lui octroyer une bourse de 959 510 $ (plus de 906 000 €) pour mener la seconde phase de ses recherches, qui seront menées sur la station d'expérimentation agricole de la division Agriculture de l'université de l'Arkansas, pour mettre au point sa technologie.

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Ajouter du poids aux gouttelettes

CelluDot, fondée en 2019 par Joseph Batta-Mpouma et Gurshagan Kandhola, a déjà bénéficié du soutien de la Fondation nationale pour la science en 2022. Elle compte continuer ses recherches sur son produit BioGrip, qui agit comme « agent réducteur de dérive, agent réducteur de volatilité et tensioactif », explique Joseph Batta-Mpouma dans le communiqué de l’AAES du 6 septembre 2023. Fabriqué à partir de déchets forestiers, comme la sciure de bois, BioGrip est un adjuvant conçu pour ajouter du poids aux gouttelettes d’herbicide pulvérisées et les faire retomber à l’endroit prévu. Sa formulation à base de réseaux de nanocellulose se lie à l'herbicide et augmente son adhérence aux plantes. Cette solution a déjà été testée sur deux herbacées envahissantes, l’amarante de Palmer (Amaranthus palmeri) et l'amarante tuberculée (Amaranthus tuberculatus).

Au cours de la phase II, l'équipe de CelluDot testera l'efficacité de deux applications de dicamba, un herbicide très volatil, avec BioGrip sur plusieurs adventices en serre et en plein champ. Pour la start-up, l’objectif est de collecter des données précises sur la taille et la vitesse des gouttelettes pour fournir les informations nécessaires pour les modèles de simulation de dérive requis par l’EPA (Environment Protection Agency, Agence de protection de l’environnement) en vue d’entamer le processus d'approbation de BioGrip. Selon les estimations de l'EPA, « jusqu'à 70 millions de pounds (1 pound = 0,4536 kg) d'herbicides sont perdues dans l'environnement chaque année aux États-Unis en raison de la dérive des herbicides ». Lancé en août 2023, le projet avec CelluDot est prévu pour durer jusqu’en juillet 2025.