Les trois groupes coopératifs de Bretagne prolongent leur accord commercial créé autour de Laïta, faisant de celui-ci une entité industrielle regroupant l’ensemble de leur activité laitière. Cent millions d’euros seront investis au sein de ce nouveau ténor du lait.
L’annonce de la naissance de la première entreprise laitière coopérative de l’Ouest (1,2 milliard de litres de lait, 1,1 milliard de chiffre d’affaires dont 40 % à l’export) a été faite, le 28 janvier à Rennes, par ses fondateurs, Even, Coopagri Bretagne et Terrena. Les trois groupes coopératifs du Finistère et de Loire-Atlantique y placent tous leurs actifs laitiers industriels : six usines plus les sites de deux petites coopératives qui gardent leur indépendance.
Dans son conseil d’administration basé à Brest, chaque coopérative possédera trois sièges au démarrage de ses activités, le 1 er juillet après avis de la DGCCRF (Direction de la concurrence). Les droits de vote seront proportionnels à la part de chacun dans le capital. Avec Even (50,57 %) comme premier actionnaire, la direction générale revient logiquement à son directeur général, Christian Couilleau, qui cumule les deux fonctions. La présidence est attribuée au vice-président de Terrena (31,01 % des parts), Dominique Chargé. Coopagri Bretagne détient 18,42 % du capital.
Le nom dévoilé en juin
La SAS dont le nom ne sera dévoilé qu’en juin transformera 1,2 milliard de litres de lait – collecté par les trois coopératives dans 4 000 exploitations –, en ultra-frais (80 000 tonnes), fromages (60 000 tonnes), beurre (45 000 tonnes), produits de nutrition santé (10 000 tonnes) et aliments pour veaux (45 000 tonnes). La fusion ne s’accompagnera d’aucune fermeture de sites ni de licenciements parmi les 1 850 salariés.
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Les trois coopératives conjuguaient leur stratégie industrielle depuis le milieu des années 1990 pour optimiser leurs fabrications de beurre, fromages et poudres qu’ils commercialisaient ensemble dans Laïta. La nouvelle entreprise suivra deux directions prioritaires, a expliqué Christian Couilleau : « Améliorer le mix produits en transférant des volumes des produits de commodité (32 % des ventes actuellement) vers les produits de grande consommation, et développer nos activités de nutrition santé. » Pour, in fine, mieux rémunérer leurs 4 000 producteurs. Ceux-ci resteront adhérents de leur coopérative d’origine. Les trois partenaires établiront les fiches de paie du lait en fonction de l’indicateur interprofessionnel, et garderont toute latitude pour fixer une part variable selon leur propre profitabilité.
Marques fortes
L’entreprise prévoit d’investir 100 millions d’euros sur trois ans pour renforcer ses capacités de production en produits innovants, tout en « synergisant » les services de R & D de ses filiales. Elle vise à réduire d’un point par an son exposition aux produits industriels. Dans un univers laitier en proie à la volatilité des prix, l’entreprise prétend disposer d’armes solides : des marques fortes sur leur marché (Paysan Breton en beurre, Régilait en poudres de lait GMS, Mamie Nova en yaourt, etc.) et surtout des valeurs coopératives dans le but de défendre le revenu des producteurs.