Pas moins de 50 pages sont consacrées par la Cour des Comptes dans son rapport annuel au réseau des chambres d’agriculture et à leur assemblée permanente, l’APCA. Avec un message principal : la tête de réseau qu’est l’APCA doit davantage s’affirmer pour orienter les chambres départementales dans une politique de réduction des coûts. Outre le fait que la Cour évoque des actions déjà en cours ou qu’elle soit parfois injuste, notamment dans un contexte où l’État a déjà effectué des prélèvements importants, ce message très centralisateur peut surprendre. L’époque est plutôt à la décentralisation tous azimuts. C’est en tout cas la politique affirmée du pouvoir (gauche ou droite) qui ne décentralise pas toujours les moyens financiers à la hauteur des services dévolus aux régions et départements.
Cette affirmation plutôt centralisatrice pour les coûts, et décentralisatrice pour les services, révèle une belle contradiction : il est difficile de concilier l’une et l’autre. Fixer des règles d’économie au niveau national va complètement à l’encontre d’une délégation aux échelons locaux des missions à assumer. La Cour des comptes aurait pu davantage en tenir… compte.
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Les chambres d’agriculture ne peuvent être traitées comme un simple service public où l’on applique des règles uniformes et technocratiques d’économies. Il s’agit d’organismes représentatifs, témoins et acteurs de réalités locales complexes et actuellement en mutation importante. Cela aussi, les experts de la Cour auraient pu davantage en tenir compte.