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Céréales : Kiev précise à l’UE ses demandes pour faciliter les exportations

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Alors que la nouvelle récolte approche, le vice-ministre ukrainien de l’Agriculture appelle l’UE à l’aider pour libérer au plus vite les stocks de céréales bloqués dans les ports de la mer Noire notamment en améliorant les capacités des voies fluviales au niveau du Danube.

En raison du blocus des ports de la mer Noire lié à la guerre en Ukraine, le vice-ministre ukrainien de la politique agraire et de l’alimentation, responsable de la question des exportations, Markian Dmytrasevych, a mis en avant le 14 juin, lors d’un échange avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, l’importance de libérer via plusieurs voies les stocks de céréales, plus de 20 Mt avant la prochaine récolte.

À cette fin, il a soumis des demandes précises à l’UE telles que la possibilité d’utiliser les capacités logistiques des ports roumains de Constanta et de Sulina ou d’envoyer des barges supplémentaires pour exporter à partir des ports ukrainiens d’Izmaïl et de Reni. Autre point mis en avant par le ministre ukrainien : la mise en place des terminaux multimodaux dans les ports le long du Danube pour connecter de manière efficace la navigation intérieure dans le secteur ferroviaire et le secteur routier. Il a également appelé à améliorer la capacité du canal de Sulina (en Roumanie, qui est l’un des trois principaux défluents du Danube), via l’allongement de la durée de son utilisation. Markian Dmytrasevych a insisté pour que le trafic de nuit soit garanti en cas de congestion en journée et le long des 60 premiers kilomètres du Danube. Une délégation de la commission de l’Agriculture du Parlement européen doit se rendre à la frontière polono-ukrainienne les 20 et 21 juin pour évaluer les dispositifs mis en place pour le transbordement des céréales.

Par ailleurs, le ministre ukrainien a rappelé le problème du stockage des céréales en raison de la guerre, avec une pénurie de capacitée estimée à 10 voire 15 Mt d’ici octobre. Avant l’invasion russe, l’Ukraine disposait d’une capacité de stockage totale allant jusqu’à 75 Mt contre 60 Mt aujourd’hui. Dans ce contexte, il a donc appelé l’UE à aider l’Ukraine à mettre en place des capacités de stockage temporaires de céréales afin de couvrir au mieux ce manque.

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Bruxelles rappelle son engagement

De son côté, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, conscient de l’urgence de débloquer les céréales des ports de la mer Noire avant la prochaine récolte, a indiqué devant les États membres lors du Conseil agricole du 13 juin, que l’UE allait intensifier son travail sur « les voies de la solidarité ». L’objectif étant de faciliter à court terme les envois de produits agricoles ukrainiens. Sur ce point, il a rappelé le lancement de la plateforme de mise en relation, qui vise « à mettre facilement en contact les entreprises européennes et ukrainiennes ». « Cette plateforme permet aux négociants de trouver des solutions pragmatiques pour l’exportation de céréales (et d’autres produits agricoles), ainsi que pour la fourniture des intrants nécessaires à l’Ukraine », a-t-il précisé.

Lire aussi : « Guerre en Ukraine : l’UE accélère son soutien à l’agriculture ukrainienne »

Le commissaire a également rappelé l’importance de permettre aux ports ukrainiens de la mer Noire d’être de nouveau opérationnels afin d’exporter les céréales bloquées. Dans cette mission, les Nations Unies travaillent en collaboration avec la Turquie et la Russie pour instaurer des corridors maritimes. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a d’ailleurs indiqué le 15 juin, qu’Ankara était prête « à accueillir une réunion quadripartite (ONU, Turquie, Russie et Ukraine) afin d’étudier le plan onusien » qui ne nécessiterait pas un déminage des voies maritimes. Cette rencontre, si elle a lieu, aura pour objectif de répondre aux inquiétudes de chaque partie. « La Russie veut être sûre que les bateaux ne transportent pas d’armes et l’Ukraine veut être sûr que la Russie n’utilisera pas ces corridors pour attaquer », a ajouté le ministre turc.

Lire aussi : « Céréales : la Russie et la Turquie prêtes, sous conditions, à sécuriser les navires ukrainiens en mer Noire »

Par ailleurs, Janusz Wojciechowski a rappelé que la Commission européenne était en train examiner le niveau de soutien financier qu’elle pourrait octroyer à l’Ukraine concernant notamment l’équipement des laboratoires dans les ports en vue de faciliter les exportations de céréales.