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Céréales : la CR pointe du doigt les « réfactions très importantes » des OS

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La Coordination rurale (CR) a relativisé le 8 septembre la flambée des cours des céréales, pointant des réfactions « abusives » chez les organismes stockeurs. Damien Brunelle, président de la branche France Grandes cultures, exprime de « fortes inquiétudes » : « Est-ce que les agriculteurs vont bénéficier des prix élevés ? ». Vu les prix d’acompte des coopératives et négoces, « pas forcément », répond la CR. 120 €/t en blé tendre sont versés par les OS des Hauts-de-France, loin des « 220 €/t annoncés dans les grands médias », selon Damien Brunelle. Viennent en moins « des réfactions très importantes » : 20 €/t quand le PS (poids spécifiques) descend sous les 76 kg/hl, encore 20 €/t si le taux de protéines est inférieur à 11 %, d’après ses chiffres issus de la coopérative Cérèsia. À de tels niveaux, « ce n’est plus de la précaution, c’est presque abusif », dénonce-t-il. Le prix d’acompte peut ainsi descendre à 80 €/t, trois fois moins que la cotation actuelle sur le marché à terme Euronext, appuie le syndicaliste.

« On va mettre le nez dans le prix de l’aliment » en nutrition animale, met par ailleurs en garde Bernard Lannes, président de la CR. Le syndicat dénonce le fait de « monter toujours les céréaliers contre les éleveurs ». Et de s’inscrire en faux quand « on dit aux éleveurs : les céréaliers cette année vont s’en mettre plein les poches, vous allez payer l’addition. » Les fabricants d’aliments « se couvrent à trois ans » contre les variations de prix, explique-t-il.

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La hausse des prix céréaliers est « un juste rééquilibrage », poursuit Damien Brunelle. Cela au regard des coûts de production du blé tendre, qui représentent 200,80 €/t en moyenne sur dix ans, d’après ses chiffres issus de l’Observatoire de la formation des prix et des marges. Un renchérissement des engrais, jusque 100 % cette année, et des carburants est aussi mis en avant.

Un prix d’acompte de 120 €/t minoré jusqu’à 80 €/t