Abonné

Céréales : la filière export revoit sa stratégie face au poids de la demande privée

- - 2 min

France Export Céréales s’est interrogé le 24 mars sur la stratégie de la filière face au poids grandissant des acheteurs privés sur des destinations traditionnelles en Afrique et Moyen-Orient. « Il faut commencer à investir de nouveaux secteurs », distincts des achats publics, a déclaré en visioconférence Roland Guiragossian, responsable de bureau au Caire et à Alger. Les acteurs français doivent « poser des jalons » auprès des importateurs privés, d’après lui. Au Proche/Moyen-Orient, « notre situation est très dépendante des achats des offices publics » qui, dans cette zone, représentent 98 % des exportations céréalières françaises lors des cinq dernières années, a-t-il expliqué. Or, « aujourd’hui, les États confrontés à une forte croissance démographique et à la baisse de leurs recettes, notamment l’Algérie pour le pétrole, sont plutôt dans une démarche de rationalisation des subventions, voire un désengagement dans certains cas pour laisser le secteur privé jouer le rôle principal dans l’approvisionnement en blé ». Une attention doit, selon lui, être portée à la qualité de nos exportations, au niveau protéines, gluten humide et, notamment vers l’Egypte, taux d’humidité.

En Afrique subsaharienne, où les importations céréalières sont liées au privé, le marché affiche +5 % par an, à cause de la démographie et une consommation par habitant qui augmente, a relevé Yann Lebeau, responsable à Casablanca (Maroc). L’offre française ne peut suivre un tel rythme, d’après lui, et « il va falloir se spécialiser » en proposant « des qualités précises qui répondent aux demandes », qualifiées de « premium » dans cette zone.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Pour tirer notre épingle du jeu sur les marchés à flux tirés », il s’agit d’avoir « une présence commerciale accrue, une meilleure connaissance des marchés », a estimé Philippe Heusèle, président de France Export Céréales.

« Poser des jalons » auprès des importateurs privés