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Marchés céréaliers Céréales : le froid n’a pas d’effet en France, mais en Europe de l’Est

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Lors de la conférence suivant le conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer du 8 février, Christian Vannier, directeur de l’animation des filières chez FranceAgriMer, a tenu à rassurer sur l’état des cultures d’hiver françaises face à la vague de froid récemment observée. En revanche, les marchés ont réagi aux estimations alarmantes de pertes en cultures d’hiver du côté de la mer Noire. De plus, la mer Noire, après avoir bien exporté, voit ses capacités logistiques actuellement fortement ralenties en raison du gel. Autre fait marquant, l’arrivée de nouveaux concurrents aux productions françaises sur les marchés due à un fret très bon marché au niveau mondial.

«Pour le blé tendre d’hiver, sur l’ensemble du territoire le stade épi 1 cm n’est pas constaté » a indiqué Christian Vannier, directeur de l’animation des filières chez FranceAgriMer, à la suite du conseil spécialisé des céréales du 8 février. Il a ainsi souhaité rassurer les opérateurs sur le fait que, pour le moment, aucun dégât n’avait été mesuré sur les grandes cultures d’hiver en France.

Des observations françaises rassurantes
Le stade critique de « l’épi 1 cm », à partir duquel les blés d’hiver craignent le gel, n’est donc pas atteint en France. Et ce malgré une avance de trois à cinq semaines des céréales d’hiver sur leurs stades habituels. Pour le blé dur, seul un très faible pourcentage des cultures a atteint ce stade critique dans l’Ouest et les Pyrénées-Atlantiques. Ces données sont le fruit des observations réalisées par le réseau Céré’Obs de FranceAgriMer. Pour la chef de projet chez Céré’Obs, Maggy Muckensturm, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir pour le moment pour les céréales d’hiver car « les températures ne sont pas critiques et ont baissé progressivement ». De plus, une couverture neigeuse protégeant du gel est observée dans de nombreuses régions. Maggy Muckensturm a aussi signalé que si des pertes en culture se produisaient, les plantes auraient la capacité de rattraper les rendements grâce notamment au tallage des céréales. Au final, le bilan français est stable ce mois-ci, selon FranceAgriMer, avec « quelques ajustements à la marge ».

Dans le monde les flux commerciaux évoluent
Réalisant un point sur le marché mondial des céréales, Michel Ferret, chef de service des marchés et études de filières chez FranceAgriMer, a fait remarquer une évolution des flux commerciaux mondiaux. Ainsi, de nouveaux concurrents viennent damer le pion aux céréales françaises sur leurs marchés traditionnels. Ceci à la faveur d’une forte baisse des coûts du fret maritime, le baltic dry index (indice des coûts de fret) passant d’une valeur de 1 878 points au 20 décembre 2011 à 676 points le 8 février 2012. Michel Ferret a ainsi indiqué qu’en 2012 l’Argentine vendrait davantage d’orge à l’Arabie saoudite que lors des années précédentes, notamment au détriment des origines françaises. Autre source de modification des courants d’échanges, les sanctions économiques touchant actuellement l’Iran et empêchant les relations entre les banques étrangères et la banque centrale iranienne. Selon Michel Ferret, les défauts de paiement se multiplient de la part des importateurs iraniens de céréales. Ceci a freiné de moitié les importations de céréales de l’Iran en provenance d’Ukraine en janvier. Le pays pourrait ainsi reporter ses achats de blés en provenance du Kazakhstan, pays avec lequel l’Iran entretien de bonnes relations.

Quelques perspectives sur les productions dans le monde
Soulignant un bilan mondial plutôt détendu pour le blé tendre, Michel Ferret a cependant fait remarquer que si les stocks progressaient, ils n’étaient pas toujours bien situés, avec d’importantes quantités immobilisées en Chine et en Inde. Pour le maïs, il a fait état d’une récolte 2012 qui devait être record selon le Conseil international des céréales (CIC), qui s’appuyait sur de bonnes perspectives en Argentine. Cependant, de fortes sécheresses ayant touché le pays, la production de maïs argentine initialement prévue à 26Mt par l’USDA a été revue à 22Mt. Selon Michel Ferret, les estimations les plus pessimistes quant à la récolte argentine de maïs évoquent même le chiffre de 17Mt. Enfin, concernant les estimations d’ensemencement pour 2012, Michel Ferret, faisant référence aux chiffres du CIC, a indiqué que les surfaces de blé dans le monde pourraient progresser de 1,8%. Pour les semis de printemps aux Etats-Unis, l’USDA ferait état d’une hausse de 2,5% des surfaces en maïs et de 0,5% en soja. « Les Etats-Unis enregistreraient ainsi des surfaces records en maïs, à la faveur des prix, du jamais vu depuis 1944 », a souligné Michel Ferret. Côté mer Noire, en 2012 l’Ukraine pourrait devenir le premier producteur de maïs de l’Europe continentale avec une récolte de céréales attendue de 45Mt, dont 25Mt de maïs. Dans ce pays, les destructions hivernales pourraient être ressemées massivement en maïs et contribuer à asseoir la première place au classement des producteurs européens de maïs de l’Ukraine.

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