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Céréales : les intempéries perturbent les semis

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En raison des intempéries qui ont touché la France, les surfaces dédiées aux céréales à paille, notamment d’hiver, devraient diminuer de 6,1 % en 2024. Malgré un retard des semis, l’orge de printemps et le maïs émergent comme alternatives.

Dans une note parue le 16 avril, le ministère de l’Agriculture présente les premières estimations des surfaces de céréales à paille (hors riz, mélanges et céréales mineures) pour 2024. En raison des épisodes successifs de pluie depuis mi-octobre, les surfaces totales de céréales à paille devraient diminuer de 6,1 %, s’établissant à 6,8 millions d’hectares (Mha), contre 7,3 Mha en 2023.

L’ensemble des régions est concerné par ce recul, et plus particulièrement celles de la façade Atlantique. Les surfaces de blé tendre (-7,7 %) et de triticale (-8,8 %) sont les plus affectées, tandis que les baisses des surfaces de blé dur (-2,6 %) et d’orge (-2 %) sont atténuées par la hausse des semis de printemps.

En outre, la chute des températures amorcée mi-avril, qui devrait aboutir au retour des gelées dans les jours qui arrivent, fait craindre pour les cultures, alors que la plupart des céréales à paille sont dans leur phase de montaison, souligne l’institut Arvalis dans un communiqué du 19 avril.

Un retard des semis de maïs

Alors que les semis sont par ailleurs encore en cours, les surfaces d’orge de printemps sont estimées à 0,5 Mha pour 2024, en hausse de près de 50 000 ha en un an (+10,7 %). « Délaissée dans les choix d’assolements en 2023, l’orge de printemps apparaît en 2024 comme l’une des alternatives aux cultures d’hiver qui n’ont pas pu être semées », souligne Agreste. Reste que les pluies abondantes du mois de mars ont freiné la hausse de ces surfaces par endroits.

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Pour rappel, le rapport Céré’Obs (FranceAgriMer) publié le 1er avril avait d’ailleurs rappelé que les semis d’orges de printemps étaient en retarrd par rapport à la moyenne des cinq dernières années, où 100 % des orges de printemps avaient été semées à cette date. Au niveau national, elles devraient ainsi rester nettement inférieures à la moyenne 2019-2023 (-17 %) et ne compenseraient pas totalement le recul des surfaces d’orge d’hiver en 2024 (-6,1 %).

Face au risque de semer tardivement des orges de printemps, les agriculteurs se sont donc tournés vers le maïs. Mais les semis du grain jaune sont, eux aussi, en retard de cinq points par rapport à 2023, et de 14 points par rapport à la moyenne quinquennale, selon le dernier rapport Céré’Obs publié le 19 avril. Au 15 avril, ils étaient réalisés à 12 % à l’échelle nationale, contre 3 % une semaine auparavant, rapporte ainsi FranceAgriMer.

Le retard est particulièrement marqué dans le Centre-Val de Loire, où seulement 6 % des surfaces de maïs ont été semées, contre 31 % en 2023 et 43 % au cours de la période 2019-2023. De même, on observe un écart de semis en Occitanie, où 25 % des surfaces étaient semées au 15 avril, contre 49 % en 2023 et 38 % e, 2019-2023.

Au 15 avril, 12 % des surfaces de maïs étaient semées en France