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Céréales : l’Ukraine sollicite l’aide de l’UE pour renforcer les Voies de solidarité

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Devant les Vingt-sept réunis le 26 septembre pour un Conseil agricole, le ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solskyi, est venu solliciter un renforcement financier des Voies de solidarité. Plusieurs projets d’investissement (oléoduc, investissement dans des terminaux, achats de camions) ont été ainsi mis sur la table afin d’augmenter la capacité d’exportations de céréales ukrainiennes par voie terrestre via l’UE. Bruxelles serait prête à soutenir ces initiatives.

En raison de la fragilité de l’accord d’Istanbul sur l’exportation des céréales ukrainiennes en mer Noire dans le contexte de la guerre en Ukraine, le ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solskyi, présent lors du Conseil Agriculture du 26 septembre à Bruxelles, est venu demander le soutien des ministres des Vingt-sept pour renforcer les Voies de solidarité (dispositif d’exportations de céréales par voie terrestre via l’UE lancé en mai), qui a déjà permis le transport de 3 Mt de céréales et d’huile de tournesol au mois d’août.

Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion, il a indiqué que « l’Ukraine comptait augmenter de 30 % la flotte de camions, passant de 12 000 à 16 000 et qu’à cette fin, elle avait proposé à l’UE une compensation de 50 % pour chaque achat ». « Cet investissement permettrait ainsi d’exporter 20 Mt de céréales supplémentaires par an », a-t-il précisé. Et de poursuivre qu’« elle comptait construire en parallèle cinq terminaux aux frontières avec la Roumanie, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie pour avoir des corridors de solidarité stables et permanents ». À la frontière polono-ukrainienne, Mykola Solskyi a également proposé « de modifier l’oléoduc pour le convertir au transport d’huile de tournesol et de céréales afin de les transporter vers le port de Gdansk, au bord de la mer Baltique. Des terminaux spécifiques seront également créés à cet effet ». Avant d’ajouter que « ce corridor permanent qui permettrait d’exporter 2 Mt supplémentaire par an, aiderait ainsi à faire baisser les prix en Europe ».

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Des inquiétudes sur les marchés

Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a déclaré que « l’UE pourrait soutenir ces initiatives par le biais des fonds de cohésion ou encore du fonds réservé aux pays candidats à l’adhésion à l’UE ». « Plusieurs États membres ont confirmé aussi leur intention d’intervenir financièrement pour soutenir ces projets », a-t-il ajouté. Pour septembre, le ministre ukrainien prévoit déjà une hausse de 5 à 10 % des exportations de céréales et d’huile de tournesol par les Voies de solidarité par rapport au mois d’août.

Une perspective qui devrait accentuer les craintes des producteurs roumains et polonais qui s’alarment de l’affaiblissement de leur compétitivité en raison de l’importation des céréales ukrainiennes (moins chères) via les Voies de solidarité. De son côté, le commissaire a nié cette version, en indiquant que « ces flux n’affectaient pas négativement la situation des agriculteurs, ni les prix ». Preuve que cela ne l’inquiète pas outre mesure, l’UE devrait selon ses dires, importer au moins 20 Mt de maïs pour compenser la baisse de la récolte européenne. « À cet égard, les importations de maïs en provenance d’Ukraine joueront un rôle majeur, notamment pour alimenter le secteur de l’élevage », souligne-t-il.