La trêve de quinze jours entre l’Iran, les USA et Israël confirme le scénario privilégié par les professionnels du secteur contactés ces derniers temps. Les premiers effets sur les cours se font ressentir mais la situation reste fragile.
Les cours du blé tendre, du maïs et de la graine de colza ont reculé assez nettement sur Euronext, suite à l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines dans la nuit du 7 au 8 avril entre l’Iran, les États-Unis et Israël, devant théoriquement impliquer une réouverture du détroit d’Ormuz. Le 8 avril, les prix du blé tendre et du maïs ont clôturé en baisse de 3 à 5 €/t environ selon les échéances en récoltes 2025 et 2026, soit de mai 2026 à 2027. Ceux du colza ont affiché un effritement d’environ 8-9 €/t sur les mêmes échéances. Les cours des grains ont ainsi, en partie, suivi la chute de ceux de l’énergie. Le même jour, le baril de pétrole à New York chutait de près de 16,41 % à 94,75 $/baril, tandis que le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du marché du gaz, plongeait de 14,92 % à 45,30 euros, rapporte l’AFP.
Si les prix des grains ont effectivement reculé sur les contrats à terme (européens mais aussi américains), c’est en partie en raison de prises de positions à la vente de la part des acteurs financiers (dont les fonds spéculatifs). Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet-InVivo, expliquait à Agra Presse qu’une bonne partie de la hausse des prix des céréales sur les marchés futures durant la guerre a été le fruit « de prises de position à l’achat de la part des fonds spéculatifs ».
Prudence de mise
Le scénario privilégié et envisagé par un certain nombre de professionnels des marchés des grains contactés récemment, à savoir la conclusion d’un accord entre les belligérants, permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, semble, pour le moment, se matérialiser. Mais la prudence reste de mise. D’une part, la trêve reste fragile, et de court terme. Le conflit peut reprendre à tout moment, sachant que le Liban a encore subi des bombardements israéliens, alors que l’Iran et le Pakistan affirment que la trêve inclut un cessez-le-feu au Liban. D’autre part, les cours du pétrole restent bien au-dessus de leurs niveaux d’avant-guerre. Argus Media indique également que le trafic via le détroit d’Ormuz mettra un certain temps avant de retrouver un rythme normal en cas de réouverture confirmée et effective, dans sa note quotidienne du 9 avril.
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Rappelons que le maintien des prix élevés des engrais est susceptible à court terme d’engendrer une baisse de la sole de maïs dans l’hémisphère nord (USA, UE etc.), d’après divers professionnels du secteur. En France, certains parlent d’une hausse de la surface de tournesol, de soja… au détriment du maïs. Si le conflit reprenait, avec le maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz, les craintes pour la récolte 2027 (blé, orge etc.) de céréales, pas encore dissipées, ressurgiraient instantanément.
Les fonds se positionnent à la vente sur les contrats à terme
KC