Le n°1 français du porc veut « massifier » sa démarche Envi de céréales cultivées sans pesticides pour l’alimentation animale. Face à la flambée des prix des céréales, la Cooperl n’exclut pas d’augmenter la prime accordée aux 150 producteurs engagés.
Lors d’un point presse le 17 mars, le leader porcin Cooperl a indiqué viser 1 000 hectares engagés en 2022 (contre 800 ha en 2021) dans sa démarche Envi de céréales cultivées sans pesticides. Blé, orge, et maïs : ces cultures sont transformées par la coopérative pour nourrir les animaux dont les produits sont commercialisés sous son label « Agriculture alternative ». Le groupe de Lamballe espère faire progresser ces surfaces de 50 % par an pour atteindre 10 000 ha en 2030. Un objectif décalé de cinq ans en raison des prix élevés des céréales, qui rendent moins incitative la prime de 47 €/t versée aux adhérents engagés. « Il est possible que cette prime soit révisée », indique-t-on chez Cooperl, qui veut « massifier » sa démarche. En 2021, ces cultures ont permis de « nourrir 24 600 porcs sur l’année », précise le groupe dans un communiqué. L’année précédente, la Cooperl avait collecté en tout 102 000 t de céréales et produit 1,2 Mt d’aliment pour porcs.
Soutien de l’agence de l’eau
En parallèle de cette démarche, la Cooperl accompagne aussi des groupes Écophyto « Émergents » (1 329 membres) et « 30 000 » (15 agriculteurs). Des collectifs qui sont parvenus à réduire leur IFT (indice de fréquence de traitement) respectivement de 29 % et 46 % entre 2017 et 2021. Pour supprimer les pesticides, les producteurs font appel à « une palette de solutions », selon la Cooperl : changements d’itinéraires techniques ou d’assolements, faux semis, désherbage mécanique, lutte biologique, biocontrôle ou encore biostimulants. À Luitré-Compierre (Ille-et-Vilaine), Denis Domagné a engagé 17 ha de blé dans la démarche Envi sur un total de 150 ha de cultures. Il observe des résultats « très encourageants » pour sa deuxième année sans pesticides : malgré un rendement moyen de 73 g/ha pour Envi, contre 90 q/ha en conventionnel, il réalise « la même marge avec la prime ». Le plus difficile, selon cet administrateur de la Cooperl : remplacer les herbicides et contrer les attaques de ravageurs en maïs (taupin et pyrale).
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Lancé en 2018, le projet Envi rassemble 150 producteurs. Il est soutenu par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, notamment pour des investissements en désherbage mécanique. La réduction des herbicides (glyphosate et S-métolachlor) est un sujet « prioritaire », précise Jérôme Martin, de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. De 2017 à 2020, l’institution a « accompagné plus de 340 projets bretons » (1,5 M€ d’aides) sur cette thématique.