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Céréales ukrainiennes : la Russie reprend sa participation à l’accord d’Istanbul

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Grâce à l’entremise turque, la Russie est revenue sur sa décision de quitter l’accord d’Istanbul sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, avec pour principal effet de faire baisser la pression sur les cours internationaux de blé. De son côté, l’ONU réitère son appel à proroger l’accord.

Quatre jours après son retrait de l’accord d’Istanbul sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, la Russie a finalement annoncé le 2 novembre reprendre sa participation, ayant reçu des « garanties écrites » de la part de l’Ukraine sur la démilitarisation du couloir utilisé pour leur transport. La médiation du président turc Recep Tayyip Erdogan a grandement aidé à calmer les tensions entre les deux belligérants. Suite à cette décision le Centre de coordination conjointe, chargé de superviser l’accord, a indiqué le 3 novembre que « sept cargos transportant un total de 290 102 t de céréales avaient quitté dans la matinée les ports ukrainiens de la mer Noire ». Un revirement qui a eu des effets importants sur les marchés internationaux puisque la tonne de blé était retombée à 340,5 € sur Euronext le 2 novembre, en recul de 4,8 % par rapport à la clôture le 1er novembre. En date du 8 novembre, le blé Euronext se stabilisait autour des 336 €/t alors que le 29 octobre, date de la décision de retrait actée par la Russie, la tonne de blé avait dépassé les 354 €.

Lire aussi : « Céréales ukrainiennes : l’ONU pousse pour la prorogation d’un an de l’accord d’Istanbul »

Toutefois, le président russe Vladimir Poutine a menacé qu’il retirerait une nouvelle fois la Russie dudit accord « en cas de violation de ces garanties par l’Ukraine ». Avant d’assurer que « même dans cette éventualité, nous serons prêts à fournir la totalité du volume de céréales qui a été livré depuis le territoire de l’Ukraine aux pays les plus pauvres ». Sur ce point, Recep Tayyip Erdogan a indiqué le 5 novembre que la Russie et la Turquie allaient « livrer gratuitement des céréales à des pays africains risquant la famine tels que Djibouti, la Somalie ou encore le Soudan ».

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Appel à la prorogation de l’accord d’Istanbul

Tout en se félicitant du retour russe, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a surtout appelé le 3 novembre « toutes les parties (Ukraine, Russie et la Turquie, Ndlr) à concentrer leurs efforts dans le renouvellement et l’application totale de cette initiative et la levée des obstacles qui persistent sur les exportations de nourriture et d’engrais russes », il s’agit d’un deuxième accord conclu le 22 juillet entre la Russie et l’Ukraine sous l’égide de l’ONU et de la Turquie. Rebeca Grynspan, l’une des principales négociatrices de l’ONU, a expliqué que « d’importants pas en avant ont été réalisés mais il reste encore du chemin à faire ». Une issue favorable sur ce dossier pourrait convaincre la Russie, qui se plaint des sanctions occidentales, de prolonger l’accord d’Istanbul qui arrive à échéance le 19 novembre. À ce jour, il a permis d’exporter 10 Mt de céréales et autres produits agricoles depuis le 1er août, soulageant ainsi la crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre en Ukraine.