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Céréales ukrainiennes : Moscou juge "compliquées" la prorogation de l’accord d’Istanbul

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En raison des sanctions occidentales, la Russie a jugé "compliquées" les négociations visant à prolonger l’accord d’Istanbul relatif aux exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, qui expire le 18 mars. Une réunion est prévue avec l’Onu à Genève le 13 mars pour tenter de trouver une solution.

Alors que l’accord d’Istanbul relatif aux exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, conclu en juillet 2022 dans le contexte de la guerre en Ukraine, expire le 18 mars (après avoir été reconduit une première fois mi-novembre pour 120 jours), le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a qualifié le 9 mars de « compliquées » les négociations visant à le prolonger. Une position qui s’explique par le fait que la Russie se plaint que le second accord relatif à l’exportation des engrais russes, conclu également en juillet 2022, ne soit pas encore totalement respecté en raison des sanctions occidentales. Dans ce contexte, M. Lavrov a affirmé que « les sanctions interdisent aux bateaux russes transportant des céréales et des engrais d’entrer dans les ports appropriés et interdisent aux bateaux étrangers d’entrer dans des ports russes pour récupérer ces cargaisons ». Tout en ajoutant que « le prix des assurances (pour les bateaux) a été multiplié par quatre à cause de ces mêmes sanctions ». Une version réfutée par les États-Unis et l’UE qui affirment qu’elles ne concernent pas les engrais russes.

Dans ce contexte tendu, Moscou annoncé le même jour, la tenue des prochaines séries de consultations le 13 mars à Genève avec l’ONU pour tenter de trouver une solution. Selon la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, « seront présents Martin Griffiths, le chargé des affaires humanitaires de l’ONU ainsi que Rebeca Grynspan, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ».

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L’ONU pousse pour prolonger l’accord

La veille, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, avait souligné lors d’une visite à Kiev (Ukraine), « l’importance capitale de le prolonger et de créer les conditions permettant d’utiliser au mieux les infrastructures d’exportation ». En facilitant l’exportation de 23 Mt de céréales ukrainiennes, « l’accord a contribué à faire baisser le coût mondial des denrées alimentaires et a apporté une aide cruciale aux populations qui paient également un lourd tribut à cette guerre, en particulier dans les pays en développement », a-t-il souligné. Antonio Guterres a rappelé que les céréales et engrais ukrainiens, mais aussi russes, étaient « essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale et les prix des denrées alimentaires », sur fond d’inflation généralisée dans de nombreux pays du monde. De son côté, l’Ukraine avait réclamé des efforts internationaux pour maintenir ouvertes les voies maritimes en mer Noire utilisées pour le transport de ses céréales alors que le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait appelé la Russie, le 2 mars lors d’une réunion du G20 à New Delhi (Inde), à renouveler l’accord d’Istanbul. Avant de l’accuser « de ralentir délibérément et systématiquement le rythme d’inspection des navires ».